‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 152 sur 267 · A M. CUNNINGHAM · texte numérisé non relu

A M. CUNNINGHAM

Voici que le printemps a habillé les bois de vert

Et a jonché le pré de fleurs ; On voit le blé, aux sillons ondoyants,

Se réjouir sous les ondées fécondantes ; Tandis (|ue chaque chose dans la natuie s'unit

Pour déposer ses chagrins , Oh', pourquoi vais-je seul ainsi Du pas fatigué de la douleur?

La truite là-bas, dans le ruisseau qui serpente,

Glisse, rapide flèche d'argent, Et, en sûreté sous l'épine touffue,

Défie l'art du pécheur :

Ma vie était jadis cet insouciant ruisseau ,

J'étais cette truite folâtre; Mais l'amour, de son impitoyable rayon,

A brûlé et tari ma source.

Le lot paisible de la petite fleurette

Oui croit sur le rocher là-bas, Et qui, sauf le vol du linot, je le sais,

Ne connaît pas de rude attouchement , Etait le mien, jusqu'à ce que l'amour eût passé sur moi

Et m'eût flétri dans ma fleur; Et maintenant , sous son souflle desséchant ,

Il consume ma jeunesse et ma joie.

L'alouette éveillée s'élance en gazouillant,

Et monte au ciel matinal , Secouant, joyeuse, ses ailes couvertes de rosée

Sous l'œil vermeil du matin :

Je faisais aussi peu d'attention au pouvoir de la douleur,

Jusqu'à ce que le piège fleuri De l'amour ensorcelant, dans une heure malencontreuse ,

M'eût fait l'esclave du souci.

Ohl si mon lot eût été les neiges du Groenland,

Ou la zone brûlante de 1 Afrique, L'homme et la nature ligués contre moi ,

Du moins je n'aurais jamais connu Peggy ! Quelle langue peut dire les douleurs du malheureux

Dont la sentence est «. N espère plus, » Dans le sein duquel le désespoir

Est l'Esprit le plus bienveillant qui y habite ?

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