BES3 ET SON ROUET
Oh 1 vive mon rouet ,
Oh 1 vivent ma (juenouille et ma bobine ;
De la tète aux pieds il m'habille bravement.
Et m'enveloppe doux et chaud le soir !
Je vais m'asseoir, et chanter, et filer.
Pendant que descend le soleil d'été,
Satisfait d'avoir la joie du cœur, du lait et de la farine. —
Oh! vive mon rouet.
De chaque côté les ruisseaux trottent.
Et se rencontrent au bas de ma chaumière; Le bouleau odorant et la blanche aubépine Unissent leurs bras par-dessus l'étang,
Et pour abriter le nid do 1 oise.iu,
Et pour (|UP les petits poissons reposent au frais :
Le soleil luit deiKpnient dans l'abri
Où, joyeuse, je tourne mon rouet.
Sur les chênes ailiers le ramier gémit,
Et l'écho apprend la plaintive histoire ;
Les linots dans les noisetiers de la colline
Se plaisent à imiter les autres chants :
Le râle au milieu de la luzerne,
La perdrix qui part dans le champ ,
L'hirondelle aux détours rapides qui vole autour de ma cabane.
M'amusent quand je suis à mon rouet.
Avec peu à vendre, et moins à acheter,
Au-dessus du besoin, au-dessous de l'envie,
Oh ! qui voudrait quitter cet humble état
Pour tout le faste de tous les grands?
Au milieu de leurs éblouissants et frivoles colifichets,
Au milieu de leurs joies pénibles et bruyantes.
Peuvent-ils goûter la paix et le plaisir
De Bessy à son rouet ?
0 Logan, que ton flot était charmant
Le jour où je fus fiancée à mon Willie 1
Et les années depuis ont coulé sur nous,
Comme toi, Logan, vers le soleil d'été.
Mais les bords fleuris ressemblent
A l'hiver boueux, sombre et lugubre.
Maintenant que mon cher garçon doit affrontët' si»s eritiemis
Loin, loin de moi et des coteaux de Logan.
De nouveau le joyeux mois de mai
A égayé nos collines et nos vallées ;
Les oiseaux se réjouissent dans le feuillage ,
Les abeilles bourdonnent autour des fleurs embaumées :
Le Malin enjoué lève son œil rose.
Et les pleurs du Soir sont des pleurs de joie :
Mon àme voit tout sans plaisir
Tandis que Willie est loin des coteiiux de Logan.
Dans ce buisson d'aubé])ine blah.he comme le lait. Au milieu de ses petits se tient la grive ;
Hi POÉSIES DE BURNS.
Son compnp;non fidèle partagera sa i>eine,
Ou par dos chansons trompera ses ennuis :
Mais moi , ici avec mes chers nourrissons ,
Sans compagnon qui m'assiste, sans compagnon qui m'égaie,
Je passe des nuits de veuvage et des jours d'affliction
Tandis que AVillie est loin des coteaux de Logan.
Oh', malédiction sur vous, hommes d'État Qui excitez les frères à des haines mortelles ! A'ous qui faites gémir maint tendre cœur, Que cela retombe sur vos tètes 1 Comment vos cœurs de roche peuvent-ils jouir Des pleurs de la veuve , du cri de l'orphelin ? Mais puisse bientôt la paix ramener d'heureux jours Et Willie à son logis sur les coteaux de Logan !