‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 164 sur 267 · A LALOUETTE DES BOIS · texte numérisé non relu

A LALOUETTE DES BOIS

Ohl reste, alouette des bois au doux gazouillement, reste, Et ne me quitte pas pour la branche tremblante. Un malheureux amant sollicite ta chanson, Ta plainte amoureuse et calmante.

Encore , encore ce tendre passage , Que je puisse apprendre ton art attendrissant ; Car sûrement je toucherais le cœur de celle Qui me tue de son dédain.

Dis-moi , ta petite compagne a-t-elle été cruelle Et t a-t-elle entendu comme le vent insouciant? Ohl lunion seule de lamour et du chagrin Pourrait éveiller de tels accents de douleur.

Tu parles de soucis sans fin ,

De muette affliction et de sombre désespoir ;

Par pitié, cher oiseau, cesse,

Ou mon pauvre cœur va se briser 1

CnOEL'R.

Oh 1 ce n'est pas ma chère fillette ,

Toute belle que soit celle-ci ; Oh ! je connais bien ma chère fillette ,

Le tendre amour est dans son œil.

Je vois une tournure, je vois une figure Qu'on peut bien mettre parmi les plus belles ; Mais elles manquent, pour moi, de cette grâce enchanteresse, Du tendre amour qui est dans son œil.

Oh 1 ce n'est pas, etc.

Elle est belle, fraîche, droite et grande, Et a eu long-temps mon cœur en servage;

Et toujours il me charme jusqu'au fond de Tàme, Le tendre amour qui est dans son œil.

Oh 1 ce n'est pas, etc.

Ma Jeanne est une friponne si habile A lancer une œillade sans être vue ; Mais prompts comme la lumière sont les yeux des amants Quand le tendre amour est dans son œil. Oh ! ce n'est pas, etc.

Il peut échapper aux damoiseaux de la cour, 11 peut échapper aux savants clercs ; Mais l'amant aux aguets le voit bien, Le tendre amour qui est dans son œil.

Oh 1 ce n'est pas, etc.

CHœUR.

0 Tibbie, j'ai vu le jour

Où vous n'auriez pas été si prude ; C'est parce que je n'ai rien que vous me dédaignez ;

Mais, ma foi , peu m'importe !

Hier je vous ai rencontrée sur la lande, [de poussière;]

Vous n'avez pas parlé, mais vous avez passé comme un tourbillon Tous me regardez du haut en bas parce que je suis pauvre ; Mais du diable si je m'en soucie.

0 Tibbie, etc.

Je ne doute pas, la belle, que vous ne pensiez, Parce que vous avez la réputation d'être riche, Que vous pouvez me plaire en un clin d'œil , Dès que vous voudrez l'essayer.

0 Tibbie, etc.

Mais que mal arrive à celui qui est assez vil, Quand sa poche serait sans un sou , Pour suivre une insolente drôlesse A l'air si fier et si hautain.

0 Tibbie, etc.

Un garijon serait le plus beau du monde , S'il manque de sale métal jaune,

POÉSIES DE BURNS. 23. 'l

Vous jetterez la tète d'un autre côté . Et lui répondrez fort sèohemont.

0 Tiblne, etc.

Mais, s'il a la réputation d'être riche, Vous vous attacherez à lui comme une ronce, Quand même pour le sens ou le savoir Il ne serait guère supérieur à une vache. 0 Tibbie, etc.

Mais, Tibbie, la belle, écoutez-moi bien : C'est l'argent de votre papa qui vous fait si charmante; Du diable si personne demanderait votre prix Si vous étiez aussi pauvre que moi, 0 Tibbie. etc.

11 demeure une fille dons le parc, là-bas; Je ne la donnerais pas dans sa chemise Pour toi avec toUs tes milliers de marcs : Ne prenez pas un air si hautain.

0 Tibbie. etc.

ex.

Oh! savez-vous qui est dans cette ville

Où donne le soleil couchant ?

La plus belle dame est dans cette ville

Que dore le soleil couchant.

Maintenant peut-être dans ce gai bois vert

Elle se promène sous cet arbre touffu : Que vous êtes heureuses, fleurs épanouies autour d'elle.

Vous attirez un regard de ses yeux 1

Que vous êtes heureux, oiseaux qui chantez autour d'elle

La bienvenue de l'année fleurissante; Et doublement bienvenu soit le printemps ,

La saison chère à ma Lucy !

Le soleil luit joyeux sur la ville là-bas

Et sur les belles collines d'Ayr; Mais ma joie est dans la ville, là-bas.

Et mon plus cher bonheur, c'est la belle Lucy.

Sans mon amour, tous les charmes

Du Paradis ne me donneraient point de joie;

Mais mettez ma Lucy dans mes bras,

Et bienvenu est le ciel lugubre de la Laponie.

23fi POÉSIES DE BURNS.

Mon antro serait un bosquet damant,

Quoique l'hiver en courroux déchirât l'air,

Et elle une charmante petite fleur Que j'y soignerais et abriterais.

Oh 1 qu'elle est ravissante dans la ville là-bas, Sur laquelle est descendu le soleil qui s'abaisse !

Une plus jolie qu'elle dans la ville là-bas.

Jamais ses rayons qui se couchent n'en ont éclairé.

Si le sort en courroux m'a juré inimitié,

Et que je sois condamné à endurer la souffrance,

Je quitterai ici-bas tout avec insouciance. Mais épargne-moi, épargne-moi, chère Lucy.

Car, tant que de la vie le sang précieux sera chaud , Jamais une seule de mes pensées ne s'écartera d'elle

Et elle — comme sa personne est la plus belle.

De même son cœur est le plus tendre et le plus vrai !

Ohl si j'étais sur le mont Parnasse , Ou que j'eusse tout mon soûl d'Hélicon, Afin d'acquérir un talent poétique

Pour chanter combien tendrement je t'aime î Mais le Kith doit être la source de ma muse. Ma muse doit être ta belle personne ; Sur Corsincon j'ouvrirai de grands yeux, et j'épellerai,

Et j'écrirai combien tendrement je t'aime 1

Viens donc, douce muse, inspirer mon chant !

De tout le long jour d'été

Je n'ai pu chanter, je n'ai pu dire

Combien tendrement je t'aime.

Je te vois danser sur la verdure.

Ta taille si mince, tes membres si élégants. Tes regards séduisants, tes yeux fripons —

Par le ciel et la terre, je t'aime !

Le jour, la nuit, au champ, au logis, Ta pensée enflamme mon sein; Et toujours je rêve et chante ton nom ; Je ne vis (jue pour t'aimiM .

Quand je serais condamné à errer

Par delà les mers, par delà le soleil;

Jusq'i'à ce que mon dernier grain de sable fût écoulé,

Jusqu'alors — oui, jusqu'alors je t'aimerais.

Oh 1 qui est-elle, celle qui m'aime,

Et a mon cœur en garde ?

Oh', charmante elle est. celle qui m'aime,

Comme les rosées de Icté versant

Des larmes où se baignent les boutons de rose.

CHOELR.

Oh 1 c'est la fillette de mon cœur,

Ma âllette toujours plus chère ; Oh 1 c'est la reine des femmes ,

Elle n'a jamais eu sa pareille.

Si tu rencontres une fillette

Ravissante de grâce et de beauté,

Au point que même la fillette de ton choix Qui depuis peu f échauffe tant le cœur N'eut jamais un pouvoir si charmant :

Oh 1 c'est, etc.

Si tu l'avais entendue parler,

Et captiver ton attention , Au point que tout autre qui parle

Serait dédaigné de toi ,

Et que tu serais tout ravi; Oh 1 c'est . etc.

Si tu as rencontré cette belle ;

Quand tu t'es séparé d'elle, Si toute autre belle

A été délaissée par toi .

Et que tu aies le cceur brisé , — Oh ! c'est , etc.

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