‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 215 sur 267 · Les ruines de l'église de Lincluden près de Diiinfries · texte numérisé non relu

Les ruines de l'église de Lincluden près de Diiinfries

Le ruisseau , suivant son sentier brun ,

Se précipitait près des murs ruinés , Se hâtant de rejoindre le rapide Nith

Dont le lointain rugissement s'enfle et tombe.

Le nord froid et bleu faisait jaillir

Ses lueurs avec un bruit sifflant et affreux : A travers le ciel elles partent et fuient ,

Pareilles aux faveurs de la fortune , perdues aussitôt que gagnées.

Par hasard et sans y songer je tournai les yeux ,

Et à la clarté de la lune je tressaillis de voir S'élever un grand fantôme à l'air sévère,

Yétu comme ont coutume de l'être les ménestrels.

J'aurais été une statue de pierre

Que son air hardi m'aurait intimidé ; Et sur sa toque était gravé visiblement

Le mot sacré de — Liberté.

Et de sa harpe il tombait des accords tels

Que les morts endormis auraient pu s'éveiller pour les entendre ; Mais, hélas 1 c'était un récit de douleur,

Si jamais il en fut , pour une oreille bretonne !

11 chantait avec joie ce premier jour,

Il déplorait avec des larmes les derniers temps de sa vie; Mais ce qu'il disait n'était pas une plaisanterie, —

Je ne me hasarderai pas à le répéter dans mes vers.

A CIILORIS.

vers écrits sur un exemplaire de ses poesies qu'il lui offrait.

C'est un gage d'amitié, ma jeune et belle amie;

Ne refusez pas ce don, Et ne prêtez pas une oreille indocile

A la muse qui moralise.

Puis([ue , dans toute ta jeunesse et tous tes charmes ,

Tu dois dire adieu au monde (A un monde constamment armé contre la paix),

Pour joindre un petit nombre d'amis;

Puisque, assombrissant le gai matin de ta vie,

La tempête est venue froide et nébuleuse (Et jamais l'infortune do son vent dost

N'a brûlé une plus belle fleur^ ;

Puisque les gaies scènes de la vie ne doivent plus te charmer,

11 te reste beaucoup encore ; Tu as encore en réserve une plus noble richesse —

Les consolations de l'àme 1

A toi la chaleureuse satisfaction de soi-même,

Le sentiment de son honneur ; Et le don le plus précieux de tous ici-bas,

A toi la cordiale et sincère amitié ;

Les plaisirs raffinés du sens et du goût,

D'errer avec chaque muse :

Et doublement heureux serait le poète,

S'il pouvait ajouter à ces plaisirs.

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