‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 225 sur 267 · MONODIE · texte numérisé non relu

MONODIE

SUR UNE DAME COy>rE POUR SES CAPRICES.

Qu'il est froid , ce sem que jadis la folie enflammait !

Qu'elle est pâle , cette joue où le rouge luisait naguère ! Qu'elle est silencieuse, cette langue qui souvent fatigua les échos!

Qu'elle est sourde , cette oreille qui écoutait tant la flatterie!

Si le chagrin et l'angoisse attendent la fin de ceux

Qui sont enlevés à l'amitié et à la plus tendre alTection,

Que ton sort, Eliza, est doublement rigoureux!

Tu meurs sans être pleurée, comme tu as vécu sans être aimée.

Amours, grâces et vertus, je ne vous invoque pas;

Si retenus, si graves, si réservés, vous ne versez pas une larme : Mais venez, vous tous, vrais enfants de la Folie,

Choisissons des fleurs pour la froide bière d'Eliza.

Nous chercherons dans le jardin chaque fleur insipide,

Nous ramasserons dans la forèl chaque herbe inutile , [tique,]

Mais surtout nous ferons pleuvoir l'ortie, emblème si caractéris- Car jamais personne ne l'approcha sans se repe.itir de sa témérité.

Nous sculpterons le marbre, nous cadencerons le chant :

Ici la Vanité raclera sa lyre idiote; Là l'âpre Indignation fondra sur sa proie,

Que le Mépris dédaigneux tiendra quitte de sa colère.

SON EPITAPllE.

Ci gît, maintenant en proie à une insultante négligence.

Ce qui fut jadis un papillon se jouant dans un rayon de la vie

Le manque seul de sagesse la priva de considération, Le manque seul de bonté la priva d'estime.

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