‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 25 sur 267 · IH · texte numérisé non relu

IH

Les deux premières avaient l'air de deux sœurs jumelles, A leurs traits, leur tournure, et leurs habits;

Leur visage était flétri , long et maigre ,

Et aussi aigre cjuaucuue prune sauvage ;

La troisième arrivait en sautillant, bondissant. Aussi légère qu aucun agneau .

Et t'Ilo ni'' lit une pnifonde révérence,

Aussitôt qu'elle me vit .

Bien obligeamment ce jour-là.

Mettant bonnet bas , je lui dis : « Charmante fille ,

Il me semble que vous avez l'air de me connaître; Assurément j'ai vu cette jolie figure .

Mais pourtant je ne saurais dire votre nom. » Elle me dit, tout en riant

Et en me prenant par les mains :

« 'N'ous avez , pour l'amour de mui , fait

A tous les dix Conunandements Un accroc certain jour.

» Mon nom est Goguette — votre ancienne connaissance.

La meilleure amie que vous ayez; Et celle-ci, c'est la Superstition;

Et celle-là, c'est l'Hypocrisie.

Je vais à la foire sainte cle Mauchline

Passer une heure à me divertir :

Si vous y voulez venir, ce couple ridé

>'ous prêtera fameusement à rire De lui en ce jour. »

Je répondis : « De tout mon cœur, je le veux bien;

Je vais mettre ma chemise des dimanches, Et je vous retrouverai au lieu saint ;

Ma foi, nous aurons de belles remarques à faire ! « Alors je rentrai chez moi à l'heure du déjeuner,

Et je ne fus ])as long à m' apprêter : Car les chemins étaient couverts d'un côté à l'autre

De toutes sortes de gens

En troupeaux ce jour-là.

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