‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 52 sur 267 · PAR LA MALHEUREUSE ISSUE DES AMOURS DUN AMI · texte numérisé non relu

PAR LA MALHEUREUSE ISSUE DES AMOURS DUN AMI

« Hélas! combien souvent la bonté se blesse elle-même, Et la douce affection devient la source du chagrin ! «

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0 toi, disque 'pâle, qui luis silencieux.

Tandis que dorment les mortels que les soucis ne troublent pas! Tu vois un misérable qui souffre intérieurement ,

Et erre ici pour gémir et pleurer !

La douleur me tient éveillé la nuit

A ta clarté blafarde et sans chaleur ;

Et je déplore , dans de profondes lamentations , . Que la \ie et lamour ne sok-nt cpi >ni sonee.

Je vois sans plaisir tes rayons orner

La montagne lointaine aux vagues contours ; Je vois sans plaisir ton croissant qui tremble

Réfléchi dans le ruisseau murmurant :

0 mon cœur, que la passion bouleverse , calme-toi !

Et toi . puissance active , ô Souvenir, arrête 1 Ah '. ce tressaillement plein d" angoisse doit-il

Pour toujours empêcher le retour de la paix ?

Ce ne sont pfis de vaines lictions . de poétiques douleurs

Qui me font pousser ces tristes plaintes de délaissement Point de pipeaux champêtres — de chants arcadiens ;

Pas de tortures controuvées , délicates et douces : La foi engagée, la flamme mutuelle.

Les puissances den haut souvent attestées, Le tendre nom de père promis ,

Tels étaient les gages de mon amour !

lY.

Entouré de ses bras qui métreignaient ,

Comme les instants passaient dans cette extase ! Combien jai désiré les agréments de la fortune,

Pour lamour d'elle, d'elle seule 1 Et, dois-je le croire? — elle est partie,

Elle, l'orgueil secret de mon cœur triomphant! Est-elle inattentive ù ma plainte?

Est-elle à jamais, à jamais perdue?

Oh 1 peut-elle avoir un cœur assez bas ,

Assez mort à l'honneur, mort à la vérité. Pour quitter l'amant le plus passionné ,

L'époux futur de son jeune choix !

Hélas : le sentier de la vie peut ne pas être uni ,

Elle peut avoir à passer par de rudes malheiu-s ! Et alors qui adoucira ses angoisses et ses peines ,

Qui partagera ses chagrins et les allégera '.

Heures ailées qui passiez sur nous.

Emportées par l'extase et d'autant mieux goûtées

Vott'o cher souvonir dans mon soin

Occupait mos pensées thésaurisées avec amour.

r.e sein, à présent, comme il est triste et vide , Lui jadis trop étroit pour elle !

Tout rayon même d'espoir détruit,

Et pas un désir pour dorer ces ténèbres 1

Le matin qui annonce l'approche du jour

M'éveille au travail et à la douleur : Je vois la longue suite des heures

Que j'aurai à supporter, traînantes et tardives ! Pe bien des angoisses , et de bien des tortures ,

La troupe cruelle des souvenirs aigus Doit déchirer mon cœur, avant que Phœbus, descendu,

Baise à l'occident la mer lointaine.

YIII.

Et quand , la nuit , je cherche le repos sur ma couche ,

Tout harassé de soucis et de chagrin , Mes nerfs rendus de fatigue, et mon œil brûlé de larmes

Me tiennent éveillé comme le voleur nocturne : Ou si je m'assoupis, l'imagination règne en souveraine.

L'air farouche et hagard, et me remplit d'épouvante : Même le jour, tout amer qu'il est, m'apporte du soulagement,

Après l'horreur d'une telle nuit.

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