XVI II
Alors chacun s" en retourne chez soi :
Les petits paysans vont se reposer ; Les deux époux rendent leur secret hommaire .
Et adressent au ciel la fervente prière Que Celui cjui apaise le nid bruyant du corbeau,
Et paie le beau lis dun éclat fastueux , Veuille , de la manière que sa sagesse juge la meilleure .
pourvoir à leur existence et à celle de leurs petits enfants , Mais surtout régner sur leurs cœurs par la grâce divine.
La grandeur de la vieille Ecosse prend sasource dans des scènes com-
Qui la font aimer au dedans et respecterau dehors : ^me celles-ci,] Les princes et les lords ne sont que l'émanation des rois,
« Un honnête homme est l'œuvre la plus noble de Dieu ; » Et certes , sur la route céleste de la belle vertu ,
La chaumière laisse le palais bien loin derrière. Qu'est-ce que la pompe d'un chétif lord? un fardeau incommode,
Déguisant souvent la bassesse de l'espèce humaine , Versée dans les arts de l'enfer, et raffinée en perversité.
0 Ecosse ! mon cher sol natal ,
Pour qui mon vœu le plus fervent est adressé au ciel 1 Puissent long-temps tes robustes enfants, adonnés aux travaux rus-
Jouirde la santé, de la paix et du doux contentement! [tique§,] Puisse le ciel préserver leur simple vie
De la contagion du luxe , faible et vil 1 Alors, quoique les couronnes et les fleurons soient brisés.
Une vertueuse populace peut s'élever cependant , Et dresser un mur de feu autour de son île bien-ainiée.
0 toi , qui versas le torrent patriotique
Qui coulait dans le cœur indompté de Wallace , Lequel osa noblement tenir tète à l'orgueil tyrannique ,
Ou noblement mourir, second rôle glorieux fTu es particulièrement le dieu du patriote,
Son ami, son inspirateur, son tuteur et sa récompense 1 ), Ohl jamais, jamais n'abandonne le royaume d'Ecosse ;
Mais que toujours les patriotes ou les bardes patriotes Se succèdent avec éclat pour son ornement et sa défense 1