‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 59 sur 267 · XVI II · texte numérisé non relu

XVI II

Alors chacun s" en retourne chez soi :

Les petits paysans vont se reposer ; Les deux époux rendent leur secret hommaire .

Et adressent au ciel la fervente prière Que Celui cjui apaise le nid bruyant du corbeau,

Et paie le beau lis dun éclat fastueux , Veuille , de la manière que sa sagesse juge la meilleure .

pourvoir à leur existence et à celle de leurs petits enfants , Mais surtout régner sur leurs cœurs par la grâce divine.

La grandeur de la vieille Ecosse prend sasource dans des scènes com-

Qui la font aimer au dedans et respecterau dehors : ^me celles-ci,] Les princes et les lords ne sont que l'émanation des rois,

« Un honnête homme est l'œuvre la plus noble de Dieu ; » Et certes , sur la route céleste de la belle vertu ,

La chaumière laisse le palais bien loin derrière. Qu'est-ce que la pompe d'un chétif lord? un fardeau incommode,

Déguisant souvent la bassesse de l'espèce humaine , Versée dans les arts de l'enfer, et raffinée en perversité.

0 Ecosse ! mon cher sol natal ,

Pour qui mon vœu le plus fervent est adressé au ciel 1 Puissent long-temps tes robustes enfants, adonnés aux travaux rus-

Jouirde la santé, de la paix et du doux contentement! [tique§,] Puisse le ciel préserver leur simple vie

De la contagion du luxe , faible et vil 1 Alors, quoique les couronnes et les fleurons soient brisés.

Une vertueuse populace peut s'élever cependant , Et dresser un mur de feu autour de son île bien-ainiée.

0 toi , qui versas le torrent patriotique

Qui coulait dans le cœur indompté de Wallace , Lequel osa noblement tenir tète à l'orgueil tyrannique ,

Ou noblement mourir, second rôle glorieux fTu es particulièrement le dieu du patriote,

Son ami, son inspirateur, son tuteur et sa récompense 1 ), Ohl jamais, jamais n'abandonne le royaume d'Ecosse ;

Mais que toujours les patriotes ou les bardes patriotes Se succèdent avec éclat pour son ornement et sa défense 1

Page 1