‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 65 sur 267 · EN AVRIL I78G · texte numérisé non relu

EN AVRIL I78G

Modeste petite fleur bordée de rouge , Tu mas rencontré dans une heure fatale; Car il faut (jue j'écrase dans la poussière

Ta mince tige ; T' épargner à présent dépasse mon pouvoir.

Joli joyau des champs.

Hélas ! ce n'est pas ta douce voisine,

La gentille alouette , compagne convenable ,

Qui te courbe dans l'humide rosée ,

La gorge tachetée , Lorsqu'elle s'élance dans les airs, joyeuse do saluer

L'orient qui s'empourpre.

Le nord, à l'âpre morsure, souffla froid Sur'tia naissance humble et i)récoce ; Pourtant tu perças gaienif^nt le sol

Au milieu de la tempête, Elevant à peine au-dessus de la terre riiaternelle

Ta forme délicate.

Li^s fleurs éclatantes que nos jardins produisent,

Il faut qu'un haut rempart d'arbres et de murs les protège;

Mais toi , sous l'accidentel abri

D'une motte ou d'une pierre.

Tu ornes l'aride champ d'éteulc,

Inaperçue, solitaire. ,

Là, enveloppée de ton étroit manteau, Ton sein de neige étalé au soleil,

Tu lèves ta tête sans prétention

Dune humble manière :

Mais maintenant le soc détruit ton lit .

Et tu gis à terre 1

Tel est le sort de la fille naïve ,

Douce fleurette du champêtre ombrage ,

Trahie par la simplicité de lamour

Et par son innocente confiance , Jusqu'à ce que, comme toi, toute souillée, elle soit gisante

A terre dans la poudre.

Tel est le sort du simple Barde ,

Lancé sous une mauvaise étoile dans la mer agitée de la vie 1

Inhabile qu'il est à observer la carte

De Ihabile prudence, Jusqu'à ce que les vagues se courroucent , et que les vents souf-

Et le fassent succomber 1 f fient violemment]

Tel est le sort réservé au mérite malheureux.

Qui long-temps a lutté contre les besoins et les peines ,

Poussé par l'orgueil ou l'astuce des hommes

Au bord de la misère , Jusqu'à ce que. dépossédé de tout autre appui que le ciel ,

11 s'affaisse, ruiné !

Toi-même , qui pleins le sort de cette marguerite , Ce sort est le tien ; — à une époque peu éloignée Le soc de la cruelle Destruction passe tîèrement

En plein sur ta fleur, Jusqu'à ce que d'être écrasé sous le poids du guéret

Soit ta destinée 1

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