A LA DESTRUCTION
Salut ! maîtresse inexorable , Dont la parole féconde en ruines
Renverse les plus puissants empires !
A ta suite cruelle , qui se plait dans le mal , A tous les ministres de douleur et de peine ,
Une sombre bienvenue '.
D'un œil de désespoir et de résolution fiirouchc^
Je vdis chacjue trait lancé; Car l'un d eux a tranché mon lien le plus cher
Et treml)lo dans mon cœur.
Aussi , qu'elle s'amasse ot éclate ,
Je lie crains plus la tempête , Quoiqu'elle devienne épaisse et noire
Autour de ma tête condamnée.
Et toi, hideuse puissance, abhorrée de la vie, Tant que la vie peut procurer un plaisir,
Oh ! entends la prière d'un malheureux ! Je ne recule plus , gale , effrayé ; J'invoque, je demande ton assistance amie
Pour clore cette scène de soucis 1 Quand mon âme, dans une paix silencieuse,
Verra-t-elle le dernier jour de sa triste vie ? Quand mon cœur fatigué cessera-t-il de battre Et, froid , tombera-t-il en poudre dans la terre? Plus de craintes , plus de larmes Pour flétrir ma face inanimée, Une fois étreint et serré
Dans ton froid embrassement !