‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 68 sur 267 · MAI · texte numérisé non relu

MAI

J'ai long-temps pensé, mon jeune ami.

A vous envoyer quelque chose .

Quand cela ne devrait avoir d'autre but

Qu'un affectueux souvenir ; Mais ce que deviendra mon sujet, ,

Que le temps et la chance en décident : Peut-être tournera-t-il en chanson,

Peut-être tournera-t-il en sermon.

Vous allez bientôt vous lancer dans le monde . mon garçon :

Et , croyez-moi , mon cher André , Vous trouverez les hommes une race étrange ,

Et ils pourront vous faire bien du chagrin : Attendez-vous à des peines et à des soucis.

Même quand votre but est atteint ; Et toutes vos vues peuvent aboutir à rien ,

Quoique chaque nerf ait été tendu.

Je ne dirai pas , les hommes sont tous des scélérats ;

Les méchants réellement endurcis Qui n'ont d'autre frein que la loi humaine

Sont restreints à un petit nombre ; Mais, hélas ! les hommes sont très-faibles,

Et l'on ne peut guère se fier à eu\ : Si l'égoïsme dérange la balance chancelante.

Elle est rarement remise droite '.

Pourtant ceux qui succombent dans la lutte de la fortune.

Nous ne devrions pas censurer leur destinée: Car ils peuvent toujours également accomplir

La fin importante de la vie ; Un homme peut avoir un cœur honnête .

Quoique la pauvreté ait l'œil sur lui à toute heure : Un homme peut prendre le parti d'un voisin.

Et pourtant n'avoir pas d'argent à lui donner.

Toujours franc, contez sur-le-champ votre histoire,

Quand vous êtes avec un cœur éprouvé : Mais gardez toujours pour vous-même ipieUiue chose

Que vous ne dites guère à personne.

G;irantissez-vous aussi bien (jiie vous pouvez

|)c l.i di>;scctioii criti(|ut' :

POÉSIES DE HIRNS. 101

Mais regardez au travers de tous les autres lionimes D'un œil subtil et rusé. x

A la flamme sacrée d'un amour bien plaeé

Livrez-vous sans réserve ; Mais ne tentez jamais les voies illicites ,

Quand rien ne devrait le divulguer :

Je laisse de côté la gravité du péché,

Le hasard du secret ; Mais, hélas 1 il endurcit tout au dedans ,

Et pétrifie le sentiment :

Pour attraper un sourire doré de dame Fortune .

FaiteS'lui assidûment la cour ; Et amassez de l'argent par toutes les ruses

Qu'autorise 1 honneur ; Non pas pour le cacher dans une haie ,

Ni pour traîner une suite après vous ; Mais pour le glorieux privilège

D'être indépendant.

La peur de l'enfer est un fouet de bourreau

Pour maintenir les misérables dans l'ordre ; Mais , quand vous vous sentez retenu par votre honneur,

Que ce soit toujours là votre limite ; A ses plus légers attouchements , arrêtez-vous sur-le-champ — i

Repoussez tous les prétextes détournés, Et observez résolument ses lois ,

Sans vous soucier des conséquences.

Révérer le grand Créateur

Sied assurément à la créature ; Mais abstenez-vous du jargon prêcheur

Et même des traits rigides ; Pourtant, jusqu'à vous égarer avec les esprits profanes, ^

Ne poussez jamais la complaisance ; Le rire d'un athée est un pauvre dédommagement

Du courroux de la Divinité !

Quand nous sommes lancés dans le cercle des plaisirs,

La Religion peut se perdre de vue , Ou, si elle donne accidentellement un coup d'aiguillon.

Nous y pouvons faire peu d'attention ; Mais, lorsque dans la vie nous sommes battus ])ar la tempête,

Et que la conscience n'est qu'un chancre — Un commerce établi avec le Ciel

Est à coup sur une noble ancre 1

Adieu , aimable et cher jeune homme !

■Votre cœur ne fera jamais dcf.iut :

Puisse la prudence, le courage et la vérité

Tenir haut v<3tre front hardi 1 En termes de laboureur, « Dieu vous envoie la grâce »

De devenir chaque jour encore plus sage ; Et puissiez-vous mieux écouter cet avis

Que na jamais fait celui qui le donne.

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