JEAN GRAIN-D'ORGE
B.VLLADE 1.
Il y avait trois rois à l'Est ,
Trois grands et puissants rois, Et ils firent le serment solennel
Que Jean Grain-d'Orge mourrait.
1. Compo éc en partie sur lo plan J'uno vieille chanson, conn le sous le mêiTi'- nom,
IH POK^IES DE RURXS.
Ils priront iiiv^ fharnio el rabattirent avoc,
^firent dos mottes de terre sur sa tète, Et ils tirent le serment solennel
Que Jean Grain-dOrsie était mort.
Mais le joyeux Printemps vint tiède et doux ,
Et des ondées commencèrent à tomber:
Jean Grain-d'Orge se releva
Et les surprit tous étrangement.
Les soleils étouffants d'été arrivèrent .
Et il devint épais et fort ; La tète bien armée de dards pointus.
Afin que personne ne lui fit du mal.
La grave Automne entrait d'un air doux,
Quand il devint pâle et blême ; Ses jointuies pliées et sa tète affaissée
Montrèrent qu'il commençait à défaillir.
Sa couleur s'altéra de plus en plus .
Il se flétrit sous la main de l'âge ; Et alors ses ennemis commencèrent
A déployer leur rage mortelle.
Ils prirent une arme longue et aiguë,
Et le coupèrent au genou; Puis l'attachèrent ferme sur une charrette.
Comme un coquin de faussaire.
Ils le mirent par terre sur le dos .
Et le bàtonnèrent cruellement :
Ils le suspendirent en plein vent,
Et le firent tourner, tourner.
Ils remplirent une sombre fosse
D'eau jusqu'au bord.
Ils y jetèrent Jean Grain-d'Orge,
Qu'il y enfonce ou surnage.
Ils le posèrent sur le plancher
Pour lui faire encore plus de mal , Et ils continuèrent, comme il donnait encore des signes de vie.
A le secouer en tout sens.
Ils consumèrent sur une flamme dévorante
La moelle de ses os ; Mais un meunier le traita plus mal ([U'^ tous —
Il l'écrasa entre deux i)ierres.
Et ils prirent le sang de son ca'ur même, Kl Ir burent ;i la r<indi' :
POKSIKS DE RlUNS. 1?.S
Et i)liis ils on buvaioiil , Plus leur joie abondait.
Jean Grain-d'Orge était un hardi héros,
D'un cœur entreprenant; Car pour peu (jue vous goûtiez de son sang,
11 excitera votre courage.
îl fera oublier à un homme son chagrin ,
11 augmentera toute sa joie ; 11 fera chanter le cœur de la veuve ,
Quand ia larme serait dans son œil.
Portons donc la santé de Jean Grain-d'Orge,
Chaque homme un verre en main ; Et puisse sa grande postérité
Ne jamais manquer dans la vieille Ecosse !
FRAGMENT
Air ; Gillieranlûe.
Quand le brave Guilford était notre pilote
Et tournait notre gouvernail, mon homme, Un soir, pendant le thé, commencèrent des raisons
En Amérique , mon homme :
Alors ils prirent la théière
Et la lancèrent dans la mer, mon homme ; Et ne firent pas moins , en plein congrès.
Que de méconnaître notre loi, mon homme.
Alors Montgomery prend par les lacs,
Je jure qu'il ne fut pas lent, mon homme; Il fit un détour le long du ruisseau de Lowrie
Et appela Carleton , mon homme :
Mais néanmoins celui-ci à Québec
Tomba en Montgomery, mon homme , L'épée en main, devant sa troupe,
Parmi tous ses ennemis, mon homme.
Le pauvre Tammy Gage , en cage
Fut retenu à Boston , mon homme ; Jusqu'à ce que "NVillie Howe passât la colline
Pour aller à Philadelphie , mon homme : Avec l'épée et le fusil il regardait comme un péché
De tirer de bon sang chrétien, mon homme;
Mais à New-York, nvec le couteau et la fourchette Il hachait menu les aloyaux, mou homme.
Burgoyne alla de l'avant, comme l'éperon et le fouet,
Jusqu'à ce que le brave Fraser fût tombé, mon homme; Puis il perdit son chemin, un jour de brume.
Dans le bois de Saratoga, mon homme.
Cornwallis se battit aussi long-temps qu'il put,
Et égratigna les culottes de peau , mon homme ; Mais Clinton , pour préserver son glaive de la rouille ,
11 l'accrocha à la muraille, mon homme.
Alors Montagne, et Guilford aussi,
commencèrent à craindre une chute , mon homme , Et le vigoureux Sackville, qui soutenait le choc,
A donner du fil à retordre au chef allemand , mon homme. Car Paddy i Burke , comme un Turc ,
Navait pas la moindre pitié, mon homme; Et Charlie Fox jeta son cornet de dés,
Et desserra sa mâchoire de chaudronnier, mon homme.
Alors Rockingham se mit de la partie
Jusqu'à ce que la mort le rappelât , mon homme ; Alors 1 humble Shelburne tendit sa joue,
Conformément à la loi de l'Evangile, mon homme; Les garçons de St-Stephen, avec un horrible vacarme,
Renversèrent ses mesures, mon homme, Car North et Fox s'associèrent ,
Et le mirent au pied du mur, mon homme.
Alors trètles et cœurs furent les cartes de Charlie,
Il rafla les enjeux , mon homme , Jusqu'à ce que l'as de carreau, de race indienne,
Lui fît faire un cruel faux pas, mon homme. Les Saxons, par de bruyantes proclamations,
Appelèrent le garçon de Chatham, mon homme, Et l'Ecosse tira son chalumeau, et entonna :
« Debout, Willie, bats-les tous, mon homme! »
Derrière le trône alors Grenville est allé.
Un mot secret ou deux , mon homme ; Tandis que le rusé Dundas soulevait le parti
Au nord du mur romain , mon homme :
Et l'ombre de Chatham, en accoutrements divins
(Des bardes inspirés la virent, mon homme), Les yeux cnflaunnés, criait : <> AVillie. lève-toi 1 [homme? »]
Est-ce (juc je les aurais ciamts, tous tant (juils Sdul, mon