‹ Poésies complètes. Traduites de l'écossaisChapitre 94 sur 267 · EPITAPHE DUN BARDE · texte numérisé non relu

EPITAPHE DUN BARDE

S'il est ici un fou s'inspirant de son caprice,

Trop vif pour la pensée , trop bouillant pour la rèi^lc ,

Trop timide pour demander, trop fier pour se courber,

Qu'il approche; Et que sur ce tertre de gazon il se lamente ,

Et verse une larme.

S'il est ici un barde aux chants rustitjues

Oui, sans être remarqué, se dérobe dans la foule

Qui, chaque semaine, se presse dans cette enceinte,

Oh! qu'il ne passe pas !

Mais qu'avec un profond sentiment fraternel

Il pousse ici un soupir.

S'il est ici un homme dont le jugement net

Peut enseigner aux autres la route à prendre,

Et qui pourtant lui-même suit une folle direction dans la vie.

Plus fougueux que la vague, Qu'il s'arrête ici — et qu'à travers ses larmes qui jaillissent,

Il contemple ce tombeau.

Le pauvre habitant de cette fosse

Etait prompt à apprendre et habile à savoir,

Et sentait vivement l'ardi-ur de l'amitié

Et une plus douce flamme; Mais de folles étourderies l'ont mis à bas

Et ont taché son nom !

Lecteur, écoute — Soit que ton âme

Plane sur les ailes de l'imagination au delà du pôle,

Suit cju'elle creuse à tâtons re trou terrestre

l)ans des vues to\ites basses ; Sache i\no l'empire sur soi, prudoiit, circonspect,

Est la lacinc de la sagesse.

POKSIES DE m'RNS. 1 'i'

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