‹ Poésies de André ChénierChapitre 101 sur 418 · IV. - V. 4-44. Imité d'Horace, Od., II, v · texte numérisé non relu

IV. - V. 4-44. Imité d'Horace, Od., II, v

Nondum subacta ferre jugum valet Cervice, nondum jnunia comparis

G*est une enfant encore ; elle fuit tes liens,

Et ses yeux innocents n'entendent pas les tiens.

Ta génisse naissante, au sein du pâturage, 5

Ne cherche au bord des eaux que le saule et Tombrage ;

Sans répondre à la voix des époux mugissants,

Elle se mêle aux jeux de ses frères naissants.

Le fruit encore vert, la vigne encore acide

Tentent de ton palais l'inquiétude avide. 10

Va, l'automne bientôt succédant à des fleurs

Saura mûrir pour toi leurs mielleuses liqueurs.

Tu la verras bientôt, lascive et caressante.

Tourner vers les baisers sa tête languissante.

Square, nec tauri mentis In Venerem tolerare pondus.

Circa virentes est animua tue Gampoa juvencœ, nunc fluviis gravem Solantis aestum, nunc in udo Ludere cum vitulis salicto Praegestientis. Toile cupidinem Immitis uvœ : jam libi lividos Distingaet Autumnus racemos Purpnreo varius colore.

Jam te sequetur : curril enim ferox £(as, et iili, quos tibi dempserit, Apponet annos ; jam proterva Fronte petet Lalage maritum. ..

y. 5. Cette image qu*Horace et André développent est très-fréquente chez les Grecs ; les noms de jeunes animaux s'appliquent aux jeunes garçons et aux jeunes filles, non pas seulement dans le style pastoral ou dans le style lyrique, mais encore dans le style dramatique. Dans Euripide, Hécube, 144, le chœur désigne Polyxène par le mot izôiXoi, jeune cavale, et plus loin, t. 207, Polyxène elle-même se désigne par le mot aàcxoe^ génisse. André suit son image jusque dans le nom de la jeune fille, ^âfixUçt génisse.

y. il . Par automne il faut entendre non pas It saison que nous appelons l'automne, mais cette partie de l'année, la fin de l'été, que les Gre^s nommaient èitfâpa, mot dont ils se serraient pour désigner l'âge do la puberté, époque et âg» de la maturité des fruits; voy. Pindare, Ném., y, 41.

y. 14. Uon^e, Od., II, xii, 25 .

Dum flagrantia detorquet ad o^cula Gervicem

Attends. Le jeune épi n'est point couronné d*or ; 15

Le sang du doux mûrier ne jaillit point enoor ; La fleur u*a point percé sa tunique sauvage ; Le jeune oiseau n'a point encore de plumage. Qui prévient le moment Tempêche d'arriver.

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