‹ Poésies de André ChénierChapitre 102 sur 418 · ARC AS · texte numérisé non relu

ARC AS

Qui le laisse échapper ne peut le retrouver. so

Les fleurs ne sont pas tout. Le verger vient d'éclore,

Et l'automne a tenu les promesses de Flore.

Le fruit est mûr et garde en sa douce âpreté

D'un fruit à peine mûr l'aimable cnidité.

L'oiseau d'un doux plumage enveloppe son aile. ts

Du milieu des bourgeons le feuillage étincelle.

La rose et Damalis de leur jeune prison

Ont ensemble percé la jalouse cloison.

Effrayée et confuse, et versant quelques larmes,

Sa mère en souriant a calmé ses alarmes. 30

L'hyménée a souri quand il a vu son sein

Pouvoir bientôt remplir une amoureuse main.

V. 22. .\ndré se souvenait du vers divin de Malherbe, St. à Henri, p. 71 :

Et les fruits passeront la promesse des fleurs.

Y. 27. On sait la signification que les comiques grecs donnaient aux mots rose et rosier.

V. 29. Ce vers se rapporte, non à la mère, qui est le sujet de la phrase, mais à la jeune fille. C'est une construction elliptique naturelle aux langues à flexion, où les cas expriment nettement les rapports, mais qui souvent amène de la confusion en fVançais. On en trouve cependant des exemples dans les meilleurs écrivains. Ainsi Racine, dans Mithridate:

SoBgec de i|uelle ardeur dam Ëpbdse adorée, Aux filles de cent rois je vous ai préférée.

Quoique, dans cet exemple de Racine, la confusion ne 0oit possible qtt*A l'audition, oA Ton ne distingue pas adoré de adorée.

V. 32. Claudien, Épiih. de Pallade et de Célérine^ 125 : « Natuni tumescit virginitas. » Maxiraien, Égl., Y, 27, a dit :

Urebant oculos durs slantesque papillae, Et quas adstrlnfi^ens clauderet una manus.

Sur le coiiig parfiimé le doux printemps colore

Une molle toison intacte et ^vierge encore. i

La grenade entr'ouverte au fend de ses réseaux $b

Nous laisse voir Téolat de ses rubis nouveaux.

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