‹ Poésies de André ChénierChapitre 103 sur 418 · AU CHEVALIER DE PANGE · texte numérisé non relu

AU CHEVALIER DE PANGE

Le navire éloquent, fils des bois du Pénée, Qui portait à Colchoa la Grèce fortunée,

y. 33. Galpurnius, Égl., II, 89 :

Etenim sic flore jmrantœ

Induimua yuUus, ut in arbore sœpe mtsçii Cerea sub tenu! lucere Cydonia lana.

V. 35. Callimaque, Rym. sur les bains de Pallas, 27, compare la rougeur de Pallas à celle des grains de la grenade :

*& x&patj rô S* iptnêoç àviSpotfAS, npfuïo^ ofav

La grenade était chez les anciens un symbole aphrodisiaque.

V. — Cette histoire a été souvent l'objet des récits des poètes ; elle se trourait, du reste, intimement liée à l'expédition des Argonautes. Cf, Orphée, Arg., 646 ; Apollonius, Ârg., 1, 1207; Théocrite, ldyl.y\ll\\ Val. Flaccus, Arg., III, 545 ; Properce, I, xx ; Parny, la Journée champêtre. C'est directement de Théocrite que s'est souvenu André.

V. 1-2. Gomme dans l'éd. de 1826, nous avons mis la virgule après cloquent, qui doit se rapporter à navire. Orphée, Arg., 491 : icoXyrfjyôpoç 'A/;yw. Malherbe, p. 493 : « La navire qui parlait. » Lebmni le Vengeur : « Argo, la nef à voix humaine. » Le navire s'appelait Argo, du nom de son constructeur (ApoU., I, 18). a Éloquent, » car Minerve av^it tiré dun chêne de la forêt de Dodone une poutre merveilleuse qui rendait des oracles [ApoU., 1, 526) ; celte poutre formait la quille <lu vtisaetu [Orphée,

Craignant près de TEuxin les menaces du Nord,

S'arrête, et se confie au doux calme d*uu port.

Aux regards des héros le rivage est tranquille ; b

Us descendent. Hylas prend un vase d'argile.

Et va, pour leurs banquets sur l'herbe préparés,

Chercher une onde pure en ces bords ignorés.

Reines, au sein d'un bois, d'une source prochaine.

Trois naïades l'ont vu s'avancer dans la plaine. 10

Elles ont vu ce front de jeunesse éclatant,

Cette bouche, ces yeux. Et leur onde à l'instant

Plus limpide, plus belle, un plus léger zéphyre,

Un murmure plus doux l'avertit et l'attire :

265] . Le reste des bois de construction avait été coupé sur le Pélion, près des rives du Pénée. « Fils des bois du Pénée. > Horace, Od.^ I, xnr, s'adressant au vaisseau de la république : <c Pontica pinus, silvœ filia nobilis. » — Le nom de Colchos, qui se trouve au second vers, a donné Heu à cette remarque de M. Boissonade : [Cette ville de Colchos n'est guère connue que des poètes français. Chardin dit dans son voyapre : « Les ruines de Colchos sont perdues, je n'en aperçois rien. » Il n'y a point eu de ville de Colchos, partant point de ruines. Colchi, à l'accusatif Colchos, sont les peuples de la Colchide. Les vers de Racine

Vous pourriez à Colchos vous exprimer ainsi. — Je le puis à Colchos, et je le puis ici.

n'en sont pas moins bons. La faute est comme consacrée. Boissohade]. V. 3. Ovide, Fast., IV, 432, a dit :

. . . Nec hibernas jam timuisse minas.

V. 4. Le Port de Cios, au fond d'un golfe de la Propontide [Schol. Théocrite,/f/yi.,XIII,30).

y. 6. C'est ici que commence l'imitation de Théocrite, IdyL, XIII, 5u. Nous nous contentons de renvoyer le lecteur à l'idylle grecque, trop longue pour être citée ici.

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