‹ Poésies de André ChénierChapitre 112 sur 418 · L'AMOUR ET LE BERGER · texte numérisé non relu

L'AMOUR ET LE BERGER

Loin des bords trop fleuris de Gnide et de Paphos,

Effrayé d'un bonheur ennemi du repos,

J'allais, nouveau pasteur, aux champs de Syracuse

Invoquer dans mes vers la nymphe d'Aréthuse,

Lorsque Vénus, du haut des célestes lambris, 5

Sans armes, sans carquois^ vint m amener son fils.

Tous deux ils souriaient : « Tiens, berger, me dit-elle.

Je te laisse mon fils, sois son guide fidèle ;

Des champêtres douceurs instruis ses jeunes ans ;

Montre-lui la sagesse, elle habite les champs. » 10

Elle fuit. Moi, crédule à cette voix perfide,

J appelle près de moi Tenfant doux et timide.

Je lui dis nos plaisirs et la paix des hameaux ;

Un dieu même au Pénée abreuvant des troupeaux;

Bacchus et les moissons ; quel dieu, sur le Ménale, 15

YII. — - y. 1 . Gnide ou Cnide, TÎlie de Carie, célèbre par son temple et par sa statue de Vénus, ouvrage de Praxitèle (Lucien, Atn., 11). — Paphos f dans l'ile de Gypre, consacrée à Vénus [Lucien, de Sacrif. , 10) ; du temps de Strabon (XIV, vi), il y avait encore un temple, mais Paphos avait déjà modi6é son nom.

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