‹ Poésies de André ChénierChapitre 125 sur 418 · I. — Cette pièce est imitée d'Ovide, Mél., IV, il et sqq · texte numérisé non relu

I. — Cette pièce est imitée d'Ovide, Mél., IV, il et sqq

Bacchumque vocant, Bromiuraquc, Lyseumquc,

Ignigenamque, satumque iterum, solumque bimatrem. Additur liis Nyseus, indetonsusque Thyonetis, Et cuin Lenxo genialis consitor uvaî, Nycteliusque, Eleleusque parens, et lacchus, et Evan; Et que praeterea per Graias plurima gentes

^oillina, Liber, habes

Tu bijugum pictis insignia frenis

Colla premis lyncum : Bacchœ Satyrique sequuntur; Quique senex ferula titubantes ebrius arlus Sustinet, aut pando non fortiter haeret asello. Quacumque ingrederis, clamor juvenilis, et una Femineœ voces, impulsai|ue tympana palmis, Concavaque sera sonant, longoque foramine buxus.

Ëii lisant les vers d'André, il ne faut pas oublier qu'il se souvenait aussi d'un passage d'Ovide, Art (Taimei', I, 541, de Catulle, LXIY, 255, et du Silène de Virgile.

V. 4. « Thyonée, » fils de Thyone, surnom de Sémélé; voy. Schol. Apollonius, Arg., I, 656.

V. 2. « Dionyse, » dieu de Nysa ; c'est l'explication qu'avait adopte e ( hénier, comme on le voit dans le fragment qui suit cette pièce. Nonnus et les mythograplies sont en désaccord sur la signification et rétymdogie de ce nom. — « Évan, » nom de Baccfaus qui peut-être a son origine dans le cri d'Évohé, Évoë, que poussaient les Bacchantes dans leurs

Viens, tel que tu parus aux déserts de Naxos,

Quand ta voix rassurait la fille de Minos.

Le superbe éléphant, en proie à ta victoire, 5

Avait de ses débris formé ton char d'ivoire.

De pampres, de raisins mollement enchaîné.

Le tigre aux larges flancs de taches sillonné,

kit le lynx étoile, la panthère sauvage,

Promenaient avec toi ta cour sur ce rivage. 10

L'or reluisait paitout aux axes de tes chars.

Les Ménades couraient en longs cheveux épars

Et chantaient Évius, Bacchus et Thyonée,

Et Dionyse, Ëvan, lacchus et Lénée,

Et tout ce que pour toi la Grèce eut de beaux noms. lo

Et la voix des rochers répétait leurs chansons;

chants en Thonnear du dieu. Sur les significations et étymologies de ce nom, consultez les Scholies d'Aristophane. Gléni. d'Alex., Adm. ad gentes, p. 7, D, le fait démer de «uca, nom hébraïque du serpent f'e^ melle. Par contre voyez Gurtius, (?riec/t. £^i/mo/. . II, p. 156 et 139. Sur une autre origine d'Évoc (eu^e/ courage!), voy. Acron, Comm. in Horat. Od.y I, xvni. Quoi qu'il en soit, c'est un des plus vieux débris des chants dithyrambiques en l'honneur de Bacchus; voy. Plutarquc, Sur le mot ei de Delphes. — « lacchus, » le nom de l'antique Bacchus ; voy. Connus, Dûmys.y XXXI, 63. Cf. Hérodote, \1II, lw. — aLènce, » suraum de Bacchus, qui vient de Àvjvoç, pressoir. Nonuus, Dionys., XI Y, 99, fait de Lénée un des fils de Silène. C'est de ce nom que les petites Dionysiaques s'appelèrent Jjènéennes, -*- D'ailleurs, voy. RoUe, Rechercitcs sur le culte de Hacchus.

y. 4. Ariane, abandonnée du parjure Thésée, errait éploréc sur le rivage de Naxos ; Bacchus triomphant lui apparaît, et l'amour du dieu 1.1 console de la fuite du héros. Voy. Ovide, Art d'aimer, I ; Catulle, LXIV, 254.

y. 9. « Étoile, » signifie -t-il a parsemé de taches » (cf. Frag. I, v. 4), ou bien, • aux yeux d'étoiles, » c'est-à-dire dont les yeux brillent comme des étoiles et percent l'obscurité? En latin, stellatus a'ies deux sens.

y. 12. <A Ménades, » surnom des Bacchantes (/Aa^vo/xat) ; voy. Euripide, Bacch., passim.

y. 13. Évius, Euios, et non Évoë, qui n'est qu'un cri. C'est sous ce nom d'Évius qu'on invoquait Bacchus dans les festins [Athénée, YUI, p. 363, -B).

Et le rauque tambour, les sonores cymbales,

Les hautbois tortueux, et les douMes crotales

Qu'agitaient en dansant sur ton bruyant chemin

Le faune, le satyre et le jeune sylvain, 2(

Au hasard attroupés autour du vieux Silène,

Qui, sa coupe à la main, de la rive indienne.

Toujours ivre, toujours débile, chancelant,

Pas à pas cheminait sur son âne indolent.

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