HERCULE
Œta, mont ennobli par cette nuit ardente, Quand rinJîdèle époux d'une épouse imprudente
sont en quelque sorte qu'une variante, une seconde imitation des vers
d'Ovide :
Virgineum capul est. Oriens tibi TÎctus, ad usque Decolor extrême qua tinguitur India Gange, etc.
Peut-être est-ce un premier essai qu'André aura ab;mdonné pour donner à son début un accent plus marqué d'invocation. On peut comparer ce fragment avec les passages de Virgile, Enéide, VI, 803, et d'Horace, Od., IIÎ, ni, 43. — « Front ceint de vendange, » Le mot vendange signifie le raisin lui-même cx)mme parfois en latin. Voy. Virgile, Géorg,, II, 89.
V. 4. C'est le « Lynces Bacchi variœ » de Virgile, Géorg., III, 264. Cf. Virgile, Enéide, l, 523 : a Maculosœ tegmine lyncis. i>
Fragment II. — Ce fragment ne se rattache qu'indirectement à l'hymne à Bacchus ; cependant il semble là mieux à sa place que dans les fragments séparés. La première idée est dans Ovide (vers cités ci-dessus) :
Tibi enim inconsumpta juventas.
Tu puer aîternus
Mais André se souvient également de TibuUe, I, iv, 37 :
Solis sterna est Phnebo Bacchoque juventas,
et crée un vers isolé qui prendra place quelque jour dans une idylle, ou restera ainsi à l'état de note poétique.
II. — V. i-4. Le centaure Nessus, portant un jour Déjanire sur ses épaules pour lui faire traverser l'Événus, l'outrage de sa main lascive ;
Reçut de son amour un présent trop jaloux.
Victime du centaure immolé par ses coups.
D brise tes forêts : ta cime épaisse et sombre r
En un bûcher immense amoncelle sans nombre
Les sapins résineux que son bras a ployés.
Il y porte la flamme; il monte, sous ses pieds
Étend du vieux lion la dépouille héroïque,
Et Tœil au ciel, la main sur la massue antique lo
Attend sa récompense et Theure d*étre un dieu.
Le vent souffle et mugit. Le bûcher tout en feu
Brille autour du héros, et la flamme rapide
Porte aux palais divins Tâme du grand Alcide!
elle crie, Hercule se retourne et tue Nessus, qui, pour se yenger, recommande en mourant à Déjanire de conserver son sang comme un philtre amoureux propre à ramener son infidèle époux. Lorsque, après une longue et victorieuse course, Hercule ramène dans ses foyers la jeune lole, Déjanire, jalouse, lui envoie en présent une tunique trempée dans le sang empoisonné de Nessus ; Hercule la revêt, et, bientôt en proie à des tortures qu'il ne peut supporter, amoncelle un bûcher au sommet de l'Œta et se livre aux flammes. (Sophocle, Trach.) V, 5-14. Ovide, iifér, IX, 229 ;
At tu, Jovis inclyta proies,
Arboribus cacsis, quas ardua gesserat (Eté,
Inque pyram slructis
Que flamma miui^tro
Subdita, dumque avidis comprenditur ignibus agger, Congeriem silvœ Nemaeo vellere summam Slernis : et imposila clavœ cervice recumbis. Haud alio vultu, quam si conviva jaceres, Inler plona mer! redimitus pocula sertis. Jamque valens, et in omne latus diffusa sonabat, Securosque artus, contemptoremque petebat
Flamma suum
Quem pater omnipotens, inter cava nubila raptum, Quadrijugo curru radiantibus intulit astris.
André, toujours plem de goût, n'a pas rendu la pensée faible et .molle d'Ovide, qui compare Hercule à un convive couronné de fleurs. Cf. Senèque, Herc, 1483; Stace, Silv., III, i. V. 14. Horace, Od., III, ui, 10.
Arces attigit igueas.
Cf. Pindare, Ném., I, épode iv. ■.
J'apprends, pour disputer un prix si glorieux,
Le bel art d'Érichthon, mortel prodigieux.
Qui sur rherbe glissante, en longs anneaux mobiles,
Jadis homme et serpent, traînait ses pieds agiles.
Elevé sur un axe, Erichthon le premier 5
Aux liens du timon attacha le coursier.
Et vainqueur, près des mers, sur les sables arides,
Fit voler à grand bruit les quadriges rapides.
Le Lapilhe hardi dans ses jeux turbulents.
Le premier, des coursiers osa presser les flancs. lo
Sous lui, dans un long cercle achevant leur carrière,
III. — Erichthon, quatrième roi d'Athènes, (ils de Vulcain et de la Terre (Apollodore, III, xiv], l'inventeur du quadrige. C'est Erichthon, comme le dit Manilius, Astr,^ I, 3ô9,
Quem primum curru volilanlem Juppiter alto Quadrijugiâ conspexit equis, cœloque sacrayit.
H était contrefait, ce qui lui fit donner par la fable des pieds de serpent. Ovide, Met. y II, 560, prétend qu'un serpent s'était glissé dans son berceau. Euripide, îon^ 21, veut que Minerve l'ait confié à la garde de deux serpents, d'où l'usage se répandit chez les Athéniens de mettre des serpents dorés dans le berceau des enfants, lesquels serpents étaient des colliers, comme Euripide le dit plus loin, v. 1431. V. 5 et suiv. Virgile, Géorg., III, 113 :
Primas Erichthonius currus et quattuor ausus Jungere equos, rapidusque rôtis insistere viclor. Frena Pelelhrouii Lapithœ gyrosque dedere Impositi dorso, atque equitem docuere sub annis Insultare solo, et gressus glomerare superbos.
Cf. Lucrèce, V, 129o ; Val. Flaccus, Ârg., VII, 603. — Sur l'emploi de axe pour char, voy. Élégies, I, x, 2.
V. 9. Ge furent, dit^n, les Lapithes, qui imaginèrent de soumettre le cheval au frein. Oi^tre l'autorité de Virgile, consultez Pline, VU, 56.
Y. 11-14. Virgile, Géarg,, III, 191 :
Carpere mox gyrum incipiat, gradilmsque sonare
CompoiUis
Ils surent aux liens livrer leur tête altière, Blanchir un frein d'écume, et légers, bondissants, agiter, mesurer leurs pas retentissants.