L/VRE I. — MEDITATIONS. — VOYAGES
S'égaye, et, des beaux jours prophète harmonieux,
Aux chants du laboureur mêle son chant joyeux ; ao
Ainsi, courant partout sous les nouveaux ombrages,
Je vais chantant Zéphyr, les nymphes, les bocages.
Et les fleurs du printemps et leurs riches couleurs.
Et mes belles amours, plus belles que les fleurs.
Jeune fille, ton cœur avec nous veut se taire
Tu fuis, tu ne ris plus ; rien ne saurait te plaire.
Fja soie à tes travaux offre en vain des couleurs;
L'aiguille sous tes doigts n'anime plus des fleurs.
Tu n'aimes qu'à rêver, muette, seule, errante, 5
Et la rose pâlit sur ta bouche mourante.
Ah ! mon œil est savant et depuis plus d'un jour.
Et ce n'est pas à moi qu'on peut cacher l'amour.
Y. 19. Aristophane, Ois., 276, appelle un oiseau b /Aouvô/uiavre^. C'est en indiquant aux hommes les saisons, le printemps, ThiTer, l'automne, etc., que les oiseaux sont prophètes. Yoy. Aristophane, Ois., 709.
Y. 21. Éd. 1839:
Ainsi courant partout sous les nombreux ombrages.
Nous avons yérifié le texte de cette élégie sur le manuscrit que possède M. P. Lacroix. « Nouveaux ombrages, » c'est le novis frondihus de Virgile, Géoig., II, 362.