LIVRE I. — MÉDITATIONS. — VOYAGES. IW
Dites en quel Talion vos écrits médités 6
Soumirent à vos vœux les plus rares beautés.
Qu'aisément à ce prix un jeune cœur s'embrase !
Je n'ai point pour la gloire inquiété Pégase.
L'obscurité tranquille est plus chère à mes yeux
Que de ses favoris l'éclat laborieux. . lo
Peut-être, n'écoutant qu'une jeune manie,
J'eusse aux rayons d'Homère allumé mon génie.
Et, d'un essor nouveau jusqu'à lui m'élevant,
Volé de bouche en bouche heureux et triomphant ;
Mais la tendre Elégie et sa grâce touchante 15
M'ont séduit : l'Élégie à la voix gémissante,
Au ris mêlé de pleurs, aux longs cheveux épars,
Belle, levant au ciel ses humides regards.
Sur un axe brillant c'est moi qui la promène
Parmi tous ces palais dont s'enrichit la Seine ; fo
Le peuple des Amours y marche auprès de nous ;
V. 8. Dans un sonnet de Zappi, qu'André a imité, il y a ce vers :
Non oanto no per glorioso farmi.
V. 11. « Manie, » avec la signification du grec fjLOLvla, folie; jadis poétique; ainsi Racine, Iphig., IV, i :
Ah 1 que me dites- vous? quelle étrange manie Vous peut faire envier le sort d'Iphigénie?
Boileau, Ép., VIII ;
Ainsi, toigours flatté d'une douce manie, Je sens de jour en jour dépérir mon génie.
V. 17. Expressions consacrées pour peindre la Muse de l'Élégie. Boileau, Art. poét. :
La plaintive Élégie, en longs habits de deuil, Sait, les cheveux épars, gémir sur un cercueil.
Gentil Bernard, Art étainxer, II :
Les yeux en pleurs et les cheveux épars. Levant au ciel le feu de ses regards.