V. 34. Cette pensée rappelle TibuUe, III, v
Quid fraudare juvat vitem crescentibus uvis? Et modo nata mala vellere poma manu?
|lai« comme. cette belle image s'élève encore dans la Jeune captive!
in ÉLÉGIES.
Que me» naissantes fleurs auront en vain promis. 05
Oui, je vais vivre encore au sein de mes amis.
Souvent à vos festins qu'égaya ma jeunesse.
Au milieu des éclats d'une vive allégresse.
Frappés d'un souvenir, hélas! amer et doux.
Sans doute vous direz : « Que n'est-il avec nous ! » 40
Je meurs. Avant le soir j'ai fini ma journée.
A peine ouverte au jour, ma rose s'est fanée.
La vie eut bien pour moi de volages douceurs ;
Je les goûtais à peine, et voilà que je meurs.
Hais, oh ! que mollement reposera ma cendre, 45
V. 35. Malherbe, p 71 (Tera qu* André qualifie de virgilien,dc divin) :
Et \et fruits passeront la promesse des fleurs. V. 41. Malherbe, î/irmes de Saint-Pierre, p. 11, a dit:
N'ayant qu'un jour à vivre, il ne peut Tacliever,
vers divittp dit André. Plus loin, même pièce, p. 15, Malherbe dit encore : Lo soir fut avancé de leurs belles journées.
[liC même vers que j'ai noté p. il [remarque André). Peut-être à cette source nous devons le vers divin de la Fontaine :
Rien ne trouble sa fin ; c'est le soir d'un beau jour. Pétrarque a dit dans un verd délicieux, par la bouche de Laure :
E compi mia giornata inanzi sera.- Et moi, dans une de mes élégies :
Je meurs. Avant le soir j'ai fini ma journée.]
Ronsard, Am., I, xix, avait dit avant Malherbe :
Avant ton soir se clorra ta journée.
J.-B. Rousseau, Ode IX, rendant la pensée dWsaîe [xzvni, 10], adit;
Au midi de mes années
Je louchais à mon couchant.
V. 4i. c Voilà que je meurs. » Cette forme a pu paraître négligée; elle est au contraire toute biblique. Roix, I, xiv, 43 : a Gustans gustavi in sumniitate virge... paupulum mcllis, et ecce ego morior, » Cf. Pêamnca, XXXVI, 35.