‹ Poésies de André ChénierChapitre 227 sur 418 · LIVRE II. — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CAMILLE

Et, pour des songes vains, de réelles douleurs. Camille est un besoin dont rien ne me soulage; Rien à mes yeux n'est beau que de sa seule image. Près d'elle, tout, comme elle, est touchant, gracieux ; Tout est aimable et doux, et moins doux que ses yeux ; 20 Sur rherbe, sur la soie, au village, à la ville. Partout, reine ou bergère, elle est toujours Camille, Et moi toujours l'amant trop prompt à s'enflammer. Qu'elle outrage, qui l'aime, et veut toujours l'aimer.

TIÏI

0 lignes que sa main, que son cœur a tracées !

0 nom baisé cent fois ! craintes bientôt chassées !

Oui : cette longue route et ces nouveaux séjours.

Je craignais... Mais enfin mes lettres, nos amours,

Ma mémoire, partout sont tes chères compagnes. 5

Dis vrai ! Suis-je avec toi dans ces. riches campagnes

Oîi du Rhône indompté l'Arve trouble et fangeux

Vient grossir et souiller le cristal orageux?

Ta lettre se promet qu'en ces nobles rivages

Où Sénart épaissit ses immenses feuillages, 10

Des vers pleins de ton nom attendent ton retour.

Tout trempés de douceurs, de caresses, d'amour.

Heureux qui, tourmenté de flammes inquiètes.

Peut du Permesse encor visiter les retraites.

Et, loin de son amante égayant sa langueur, i5

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