‹ Poésies de André ChénierChapitre 228 sur 418 · V. 16. Éd. 1826 et · texte numérisé non relu

V. 16. Éd. 1826 et

Et, pour les songes vains, de réelles douleurs.

YIII. — Voy. dans la Biographie ce que nous avons dit de cette élégie, une de celles réellement adressées à madame de Bonneuil. -

V. 10. La terre de Bonneuil, où Camille passait ordinairement l'été, était située près de la forêt de Sénarti

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Calmer par des chansons les troubles de son cœur !

Camille, où tu n*es point, moi je n'ai pas de Muse.

Sans toi, dans ses bosquets Hélicon me refuse ;

Les cordes de la lyre ont oublié mes doigts,

Et les chœurs d'Apollon méconnaissent sa voix. 20

Ces regards purs et doux, que sur ce coin du monde

Verse d'un ciel ami l'indulgence féconde,

N'éveillent plus mes sens ni mon âme. Ces bords

Ont beau de leur Cybèle étaler les trésors ;

Ces ombrages n'ont plus d'aimables rêveries, 25

Et l'ennui taciturne habite ces prairies.

Tu fis tous leurs attraits : ils fuyaient avec toi

Sur le rapide char qui t 'éloignait de moi.

Errant et fugitif, je demande Camille

A ces antres, souvent notre commun asile ; 30

Ou je vais te cherchant dans ces murs attristés.

Sous tes lambris, jamais par moi seul habités.

Oïl ta harpe se tait, où la voûte sonore

Fut pleine de ta voix et la répète encore ;

Où tous ces souvenirs cruels et précieux , 35

D'un humide nuage obscurcissent mes yeux.

Mais pleurer est amer pour une belle absente ;

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