‹ Poésies de André ChénierChapitre 230 sur 418 · V. 52. Éd. 1826 et · texte numérisé non relu

V. 52. Éd. 1826 et

De ta chère beauté sécher toute la fleur.

André emploie avec intention flétrir au neutre pour se flétrir ; il Tavait remarqué dans Malherbe (p. 2) , qui a dit :

Et vos jeunes beautés fiélriront comme l'herbe.

V. ri5-58. Properce, I, xi, 13, s'écrie, en pensant â Cynthie absente ;

Quam vacet allerius blandos audire susurres.

Molliter in tacito littore compositam ■ Vt.solet amoto labi cuatode paella

Perrida, communes nec meminisse deost

Aux éloges rusés d'une flatteuse voix,

Comme font trop souvent de jeunes infidèles,

Sans songer que le ciel n'épargne point les belles.

Invisible, inconnu, dieux ! pourquoi n'ai-je pas

Sous un voile étranger accompagné tes pas? co

J'ai pu de ton esclave, ardent, épris de zèle,

Porter, comme le cœur, le vêtement fidèle.

Quoi! d'autres loin de moi te prodiguent leurs soins,

Devinent tes pensers, tes ordres, tes besoins!

Et quand d'âpres cailloux la pénible rudesse 65

De tes pieds délicats offense la faiblesse.

Mes bras ne sont point là pour presser lentement

Ce fardeau cher et doux et fait pour un amant !

Ah ! ce n'est point aimer que prendre sur soi-même

De pouvoir vivre ainsi loin de l'objet qu'on aime. 70

Il fut un temps, Camille, oii, plutôt qu'à me fuir.

Tout le pouvoir des dieux t'eût contrainte à mourir !

Et puis d'uu ton charmant ta lettre me demande

Ce que je veux de toi, ce que je te commande !

Ce que je veux? dis-tu. Je veux que ton retour 75

Y. 66. Cf. Élég.f I, i. — Apollon lui-même ne Iremble-l-il pas pour les pieds de sa maîtresse, et ne s'écrie-t-il pas quand elle fuit [Ovide, Met., I, 508) :

Me miserum ! ne prona cadas, indignavc Ixdi Crurasecent sentes;

V. 73-80. Vers imités des adieux charmants de Thaïs et de Phédria (Jérence, Fim., I, 11, 110) :

Thaïs : Mi Phsdria, Et tu» numquid vis aliud ? — Phadma : Egone quid velim ! Cum milite i»to praesens, absens ut sies : Dies noctesque me âmes : me desideres : Me somnies : me exspectes : de me cogites : Me speres : me te oblectes : roecum tota sis : Meuâ fac sis postremo animus, quando ego sum tuus.

Dans une lettre adressée à M. Sainte-Beuve, M. Alfred de Yigny avait déjà •ignalé cette imitation. — ia Fontaine n'a pas fendu la tendresse qu*il

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