‹ Poésies de André ChénierChapitre 274 sur 418 · ADX DEUX FRÈRES TRUDAINE · texte numérisé non relu

ADX DEUX FRÈRES TRUDAINE

Amis, couple chéri, cœurs formés pour le mien,

Je suis libre : Camille à mes yeux n*est plus rien ;

L'éclat de ses yeux noirs n'éblouit plus ma vue.

Mais cette liberté sera bientôt perdue;

Je me connais. Toujours je suis libre et je sers ; 5

Être libre pour moi n'est que changer de fers.

Autant que l'univers a de beautés brillantes.

Autant il a d'objets de mes flammes errantes.

Mes amis, sais-je voir d'un œil indifférent

Ou l'or des blonds cheveux sur l'albâtre courant, lo

XXII. — V. 8. André se peint comme le Tliésée de Racine, Phèdre,

II, v:

Volage adorateur de mille objets divers.

Cf. Anacréon, XXXII, XXXIII; Posidippe, Ânth., V, 211. Ovide, Am,, II, IV ;

Cenlum sunt cnusœ cur ego semper amem.

Sive aliqua est oculos in se dejecta modestos;

Oror : et insidiae sunt pudor ille mese, etc.

Régnier, Sat , VII :

Et comme *t Lien aimer raille causes m'invitent, Aus«i mille beautés mes amours ne limitent ; Et courant çà et là, je trouve tous les jours En des sujets nouveaux de nouvelles amours.

Et La Fontaine, Élég., V :

Que faire? mon destin est tel, qu'il faut que j'aime. On m'a pourvu d'un cœur peu content de lui-même, Inquiet et fécond en nouvelles amours : 11 aime à ^'engager, mais non pas pour toujours.

"V. 10. Properce, II, xxii •

Interea nostri quaerunt sibi vulnus ocelli,

Candida non tecto pectore si qua sedet, Sive vagi crines puris in frontibus errant,

Indica quos medio vertice gemma teuet.

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