V. 54. Passage imité d'Horace, ÉpU,, î, m
Quid Titias, romana brevi venturus in ora, Pindarici fonli» qui non expalluit haustns, Ftstidire lacus, et rivos ausus aperlos? Ut valet? ut meminit nostri? fidibusne laiinis Thebanos aptarc modo» studet, auspice Mu^a?
Y. 37. id. 1826 et 1839 ;
Et dis-lui qu'à m' écrire il est lent à mon gré. Dia-iui ost sous^atendu ; c'est, du reste, une incorrection.
A LE. BRUΫ. n
Que, de mon cher Brazais pour un temps séparé,
Les ruisseaux et les bois, et Vénus, et l'étude,
Adoucissent un peu ma triste solitude. 40
Oui ! les cieux avec joie ont embelli ces champs.
Mais, Le Brun, dans l'effroi que respirent les camps,
Oii les foudres guerriers étonnent mon oreille.
Où loin avant Phœbus Bellone me réveille,
Puis-je adorer encore et Vertumne et Paies ? 5
Il faut un cœur paisible à ces dieux de la paix.
Ami, chez nos Français ma muse voudrait plaire ;
Mais j'ai fui la satire à leurs regards si chère.
Le superbe lecteur, toujours content de lui,
Et toujours plus content s'il peut rire d'autrui.
Veut qu'un nom imprévu, dont l'aspect le déride, s
Égayé au bout du vers une rime perfide ;
11 s'endort si quelqu'un ne pleure quand il rit.
Mais qu'Horace et sa troupe irascible d'esprit
Daignent me pardonner, si jamais ils pardonnent :
J'estime peu cet art, ces leçons qu'ils nous donnent, lo
V. 46. Au milieu des orages de l'âme, Ovide, Tristes, l, i, 41, s'écrie :
Carmina secessum scribenlis et otia queerunt.
IV. — V. 8. « Horace et ta troupe. » Horace et ceux qui l'ont imité ; c'est ainsi que La Fontaine, Fab., II, xiii, dit :
Mais ce livre qu' Homère et les siens ont chanté.
V. 10. Ce qu'André a en vue, c'est la satire sans danger, celle qui s'attaque aux ridicules; c'est surtout ce perpétuel combat d'amourpropre que se livrent entre eux les auteurs. Hais lorsque la satire s'élève, que sa voix tonne pour les vertus, et que devant la mort mémo
3» ÊPITUS.
D'immoler bien un sot qui jure en son diagm.
An rire acre et perçant d*un caprice malin.
Le malheureux déjà me semble assez à plaindre
D'avoir, même avant lui, vu sa gloire s'éteindre.
Et son livre au tombeau lui montrer le chemin, 15
Sans aller, sous la terre au trop fertile sein.
Semant sa renommée et ses tristes merveilles.
Faire à tous les roseaux chanter quelles orales
Sur sa tête ont dressé leurs sommets eC leurs poids.
Autres sont mes plaisirs. Soit, comme je le crois, âo
Que d'une débonnaire et généreuse argile
On ait pétri mon âme innocente et facile ;
elle ose flétrir le vice et le crime, alors elle est digne d*être rarnio d'une grande âme et d'un grand génie. André flétrira les Suisses de Collot d'Herbois et les bourreaux barbouilleurs de lois ; lui-niéme nous Ta dit :
Ma foudre n'a jamais tonné pour mes injures. La patrie allume ma yoIx.
Pindare, Pyth,, II, 06, dédaigne la satire, la cramt même et redoute le sort d'Archiloque ; Anacréon, Od., XLII, cet amant des festins, des vers, de la beauté, s'est écrié :
y. 16. a San9 alleTf » sans qu'on aille.
y. 19. H. Sainte-Beuve a spirituellement remarqué, qu'en critiquant la satire, André se montre excellent satirique. — Ce dernier trait est à l'adresse de Boileau, Soi., IX, qui ne peut se contenir au seul nom de Chapelain :
Ma bile alors s'échauffe, et je brûle d'écrire :
Et s'il ne m'est permis de le dire an papier,
J'irai creuser la terre, et comme ce barbier.
Faire dire aux roseaux, par un nouvel organe :
Midas, le roi Midas, a des oreilles d'âne !
On sait qu'Apollon, pour punir Midas qui avait préféré le chant de Pan an sien, changea ses oreilles en oreilles d'âne ; le barbier du roi découvrit le secret, et, ne pouvant le garder, aUa creuser un trou et con6er son secret à la terre ; mais les roseaux qui poussaient dans cet endroit même laissèrent échapper le secret du barbier.
y. 22. On a critiqué l'emploi du pronom indéfini on comme désignant la divinité ; ici on ne désigne pas seulement la divinité, mais les effets
Soit, comme ici, d'un œil caustique et médisant.
En secouant le front, dira quelque plaisant,
Que le ciel, moins propice, enviât à ma plume 2S
D'un sel ingénieux la piquante amertume.
J'en profite à ma gloire, et je viens devant toi
Mépriser les raisins qui sont trop hauts pour moi.
Aux reproches sanglants d'un vers noble et sévère
Ce pays toutefois offre jine ample matière : so
Soldats tyrans du peuple obscur et gémissant,
Et juges endormis aux cris de l'innocent;
Ministres oppresseurs, dont la main détestable
Plonge au fond des cachots la vertu redoutable.
Mais, loin qu'ils aient senti la fureur de nos vers, 55
Nos vers rampent en foule aux pieds de ces pervers.
Qui savent bien payer d'un mépris légitime
Le lâche qui pour eux feint d'avoir quelque estime.
Gerte, un courage ardent qui s'armerait contre eux '
Serait utile au moins s'il était dangereux; 40
iVon d'aller, aiguisant une vaine satire.
Chercher sur quel poète on a droit de médire ;
Si tel livre deux fois ne s'est pas imprimé.
Si tel est mal écrit, tel autre mal rimé.
multiples de Tinfluence divine, de la naissance, de l'éducation, (le Tiiiiluence paternelle, etc. C'est ainsi que Ta employé La Fontaine, Éléijie ni :
On m'a pourvu d'un cœur peu conlent de lui-même*
V. 28. Allusion a la fable bien connue de La Fontaine, III, xi, le f eiiard el les Raisins,