‹ Poésies de André ChénierChapitre 329 sur 418 · V. 221. Éd · texte numérisé non relu

V. 221. Éd

Aux lieux les plus secrets, ses pas, ses jeunes pas.

Y. 239. André donne ici de la formation de l'ambre une explication admise par quelques savants, mais repoussée par d'autres ; l'éditeur de 1826 cite une épigramme de Martial, VI, xy, où il est question du même phénomène.

y. 244. Les antiques légendes prétendaient que l'ambre s'était formé des larmes versées par les sœurs de Phaéton (Ovide, Met., II, 584], ou par les sœurs de Méléagre, selon SopboclCé

Et le froid Niémen expirent dans ses eaux.

Là, les arts vont cueillir cette merveille utile,

Tombe odorante ou vit Tinsecte volatile :

Dans cet or diaphane il est lui-même encor,

On dirait qu'il respire et va prendre Tessor. 2?»

Qui que tu sois enfin, ô toi, jeune poète.

Travaille, ose achever cette illustre conquête.

De preuves, de raisons, qu*est-il encor besoin?

Travaille : un grand exemple est un puissant témoin.

Montre ce qu'on peut faire, en le faisant toi-même. 255

Si pour toi la retraite est un bonheur suprême;

Si chaque jour les vers de ces maîtres fameux

Font bouillonner ton sang et dressent tes cheveux ;

Si tu sens chaque jour, animé de leur âme,

Ce besoin de créer, ces transports, cette flamme, ^6o

Travaille. A nos censeurs c'est à toi de montrer f»

Tous ces trésors nouveaux qu'ils veulent ignorer.

Il faudra bien les voir, il faudra bien se taire

Quand ils verront enfin cette gloire étrangère

De rayons inconnus ceindre ton front brillant. 265

Aux antres de Paros le bloc étincelant

N'est aux vulgaires yeux qu'une pierre insensible ;

Mais le docte ciseau, dans son sein invisible.

Voit, suit, trouve la vie, et l'âme, et tous ses traits.

V. 266. Voy. le Jeu de Paumes il. La pensée qu'il va dévehspper a été exprimée par Ovide, Art (T aimer, III, 223 :

Cum fieret, lapis asper erat, nunc, nobile signum, Nuda Venus madidas eiprimil irobre comas.

V. 269. La Fontaine, Psyché, 1, nous montre une arcade remplie

* De marbres à qui l'art a donné de la vie.

Pope, Eêsai sur la critique, III, dans le tableau de la renaissance des arts sous Léon X :

Then sculpture and hcr sisterarta revive; Stone:) leap'd to from, and rocks began to Hve.

Tout rOlympe respire en ses détours secrets : 270

Là vivent de Vénus les Beautés souveraines ;

Là des muscles nerveux, là de sanglantes veines

Serpentent ; là des flancs invaincus aux travaux,

Pour soulager Atlas des célestes fardeaux.

Aux volontés du fer leur enveloppe énorme î'îs

Cède, s*amollit, tombe ; et de ce bloc informe

Jaillissent, éclatants, des dieux pour nos autels :

C'est Apollon lui-même, honneur des immortels ;

C'est Alcide vainqueur des monstres de Némée ;

C'est du vieillard troyen la mort envenimée ; 280

C'est des Hébreux errants le chef, le défenseur :

Dieu tout entier habite en ce marbre penseur.

Cjel ! n'entendez-vous pas de sa bouche profonde

Eclater cette voix créatrice du monde ?

Oh ! qu'ainsi parmi nous des esprits inventeurs 285

De Virgile et d'Homère atteignent les hauteurs. Sachent dans la mémoire avoir comme eux un temple,

V. 273. Les flancs invaincus aux travaux sont ceux d'Uercule. Dans son Jjexique de Corneillef N. Frédéric Godefroy remarque très-justement que le mot invaincu n'est pas, comme on l'avait dit à tort, de l'invention de Corneille. Parmi les exemples qu'il cite, il en est plusieurs où invaincu est employé avec la préposition à.

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