‹ Poésies de André ChénierChapitre 344 sur 418 · XIV. — Comme le dit Lucrèce, I · texte numérisé non relu

XIV. — Comme le dit Lucrèce, I

. r , Saepius olim

Relligio peptrk scelerosa et impia facta.

Lucrèce cite comme exemple le sacrifice d'Iphigénie qu'(yi immole à la demande de Calchas, pour obtenir un souffle de la brise *

Tanlum relligio potuit suadere malorum !

« ApiSt D dieu égyptien, ou mieux, l'emblème d'Osiris ; c'était le taureau sacré auquel on rendait des honneurs (Hérodote, III, xxviii). •—

« LorsquM sera (juestion des sacrifices humains, ne pas oublier ce que partout on a appelé les jugements de Dieu, les fers rouges, Teau bouillante, les combats particuliers. Que d*hommes dans tous les pays ont été inunolés par un éclat de tonnerre ou telle autre cause!...

Partout sur des autels j'entends mugir Apis Bêler le dieu d'Ammon, aboyer Anubis. »

XV. — A ces époques de tâtonnements et de délire, avant la vraie civilisation trouvée, que de vies humaines en pure perte dépensées! a Que de générations Tune sur l'autre entassées, dont Tamas

Sur les temps écoulés invisible et flottant

A tracé dans cette onde un sillon d'un instant ! »

XVI. — Après ses souvenirs des époques d'égarements et d'anarchies, le sage magicien eût sans doute jeté un regard sur la vraie civilisation et déroulé les merveilles utiles à ses auditeurs attentifs. Et pour clore son deuxième chant par un tableau poétique, André eût peint ces derniers pressés autour de lui et prêtant ime oreille avide aux discours de ce sage qu'il eût comparé à Orphée expliquant les merveilles de l'univers aux Argonautes assemblés :

Ainsi, quand de TEuxin la déesse étonnée Vit du premier vaisseau son onde sillonnée, Aux héros de la Grèce à Colchos appelés

< Ammon, 9 le Jupiter égyptien, qu*on représente avec une tête de bélier [Hérodote, II, xlii]. — a Anubis, 9 le Mercure égyptien, représenté sous la forme d'un chien. Yoy. Plutarque, de hi et Osiri, XIV. Cf. Diodore, III, Lxxni, XVII, l. — Ovide, Met., V, 17 : « Comiger Ammon; » et Met., IX, 689 : « Latrator Anubis. » — Virgile, Enéide, VIII, 698 :

Omnigenumque déum monsCra, et laltrator Anubis.

XYI. — Ce beau fragment s'explique de lui-même par Tintroduction du sage magicien, personnage qui ne nous a été révélé que par la publication de M. Egger.

V. 1. Ce sont les nymphes de Pélion, qu'Apollonius [1, 549) nous montre étonnées du premier vaisseau qu'elles voient sillonner la mer.

Orphée expédiait les mystères sacrés

Dont sa mère immortelle avait daigné l'instruire 5

Près de la poupe assis, appuyé sur sa lyre,

Il chantait quelles lois à ce vaste univers

Impriment à la fois des mouvements divers;

Quelle puissance entraîne ou fixe les étoiles ;

D oïl le souffle des vents vient animer les voiles , io

Dans Tombre de la nuit, quels célestes flambeaux

Sur Taveugle Amphitrite éclairent les vaisseaux.

Ardents à recueillir ces merveilles utiles,

Autour du demi-dieu, les princes immobiles

Aux accents de sa voix demeuraient suspendus, vi

Et récoutaient encor quand il ne chantait plus.

V. 4. ( Expédiait, » expliquait, développait; c'est ïexpedrre des Latins. Virgile, Enéide, III, 458 :

nia tibi Italis populos, venturaque bella,

Et, quocumque modo fugiasque ferasque laborem.

Expédiât » o

C*est ainsi que Corneille, imitant Virgile [Géorg,, Vf, 897), l'a employé dans Mélite, IV, i :

J'entends à demi-mot ; achève et m* expédie Promptement le motif de cette maladie.

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