IV. - Virgile, Géarg,, III
nias ducit amor Irans Gargara, transque souantem Ascauium ; superant montes, et flumina Iranant : Continuoque, avidis ubi subdita flamma medullis, Vere magis (quia vere calor redit ossibus) illa, Ore omnes versœ ad Zephyrum, stant rupibus altis. Exceptantque levés auras ; et saepe sine ullis Conjugiis venlo gravidae (mirabile diclu!) Saia per et scopulos et depressas convalles DifTugiunt
Cette antique croyance fut appuyée par Aristote, Hist, an., VI, 18, ci Varron, de Re rust., II, i, 19. — Dans Homère, Iliade ^ XVI, 160, nous royons les coursiers d'Achille, Xanthe et Balie : « Toù$ 8T£X£ Zeç>û;(vj àvé/AA» "Apnuca UoSipyri. d Et Iliade, XX, 225, les cavales d'Érichtho nius : a Tauv xal fiopiviç ripivtjoLTO ^09xo/A«vc^cay. » iElien, Hist. an., IV, VI, citant justement ce vers d'Homère, combat l'opinion d' Aristote, et dit que cette croyance vient de ce que les cheveaux se délectent du vent, l'aspirent, s'en gonflent les naseaux, IÇave/Aûvrac.
Oppien {de Venat., III, 355) a rejeté cette croyance parmi les fables. Le Tasse, Ger, lib., VII, lxxvi, s'est souvenu des vers de Virgile, quand il a voulu célébrer le cheval de Raymond, et La Fontaine, qui aimait les symboles, dit du coursier d'Adonis :
Une jument d'Ida l'engendra d'un des vents.
V. — Lucrèce dit que les fables de Tantale, de Titye, de Sisyphe, ne
C'est ainsi ([ue Ton fit tels et tels dogmes, tels et teb dieux... mystères... initiations. Le peuple prit au propre ce qai était dit au figuré. C'est ici qu'il faut traduire une belle comparaison du poète Lucile, conservée par Lactance (Inst. div,^ liv. I, ch. un) :
Cl pueri infantes credunt signa omnia ahena Yivere et esse homines, sic istic omnia ficta Vera putant...
putant...
Sur quoi le bon Lactance, qui ne pensait pas se faire son procès à lui-même, ajoute, avec beaucoup de sens, que les enfants sont plus excusables que les bommes faits : lUi enim simulan'a ho mines putani esse, hi deos. »
YI. — c Mais quoi ! tant de grands homines ont cru tout cela... Âvez-vous plus d'esprit, de sens, de savoir?... Non, mais voici une source d'erreur bien ordinaire : beaucoup d'hommes, invinciblement attachés aux préjugés de leur enfance, mettent leur gloire, leur piété, à prouver aux autres un système avant de se le prouver à eux-mêmes. Ils disent : Ce système, je ne veux point l'examiner pour moi. Il est vrai, il est incontestable, et, de manière ou d'autre, il faut que je le démontre. Alors, plus ils ont d*esprit, de pénétration, de savoir, plus ils sont habiles à se faire iUusion, à inventer, à unir, à colorer les sophismes, à tordre et déâgurer tous les faits pour en étayer leur échafaudage... Et, pour ne citer qu'un exemple et un grand exemple, il est bien clair que, dans tout ce
sont que les emblèmes des passions et des faiblesses qui agitent Tâme humaine. Voy. encore Lucrèce, IV, 597. — Corneille, dans Polyeucte, IV, vj, avait exprimé cette pensée .
Peut-être qu'après tout ces croyances publiques Ne sont qu'inventions de sages politiques, Pour contenir un peuple ou bien pour l'émouvoir, Et dessus sa faiblesse affermir leur pouvoir.
Voici le passage complet de Lactance que rappelle André * « Nam Lucilius eonim stultitiam, qui simulachra deos putant esse, deridet bis verbis
Terricolas Lamias Pauni, quas Pompiliique Instituere Numae ; (remit bas ; hic omnia ponit. Ut pueri infantes credunt signa onmia abena Vivere et esse homines, sic istic omnia ficla Vera putant ; credunt signis cor inesse ahenis. Pergttla pictorum. Teri nibil : omnia ficta.
Poeta quidem stultos homines infantibus comparavit : at ego multo împrudentiores esse dico. llli enim simulachra homines putant esse, hi deos. lUos «tas facit putare quod non est ; hos stqUiti^, »
qui regarde la métaphysique et la religion, Pascal n'a jamais suivi ime autre méthode. »
Yll. — Tout ce morceau devait naturellement se clore par le triomphe de la raison el de la philosophie sur la crédulité et la superstition. C'est ici que devait se placer cet éloge d'Ëpicure traduit de Lucrèce :
La vie humaine errante et vile et méprisée / / Sous la religion gémissait écrasée ;
De son horrible aspect menaçait les humains.
Un Grec fut le premier dont Taudace affermie 5
Leva des yeux mortels sur Tidole ennemie.
Rien ne put l'étonner, et ces dieux tout-puissants,
Cet Olympe, ces feux et ces bruits menaçants
Irritaient son courage à rompre la barrière
Où, sous d'épais remparts, obscure et prisonnière, 10
La nature en silence étouffait sa clarté.
Ivre d'un feu vainqueur, son génie indompté
Loin des murs enflammés qui renferment le monde,