V. 1. Cf. Properce, I, ix, 34. — Régnier, Dial
Volontiers les ennuis s'allègent aux discours. Corneille, Poly., T, m :
A raconter ses maux souvent on les soulage.
Tempire au moins un peu les breuvages d'absinthe.
Ainsi le ûel d*amour s'adoucit par la plainte,
Soit que le jeune amant raconte son ennui 5
A quelque ami jadis agité comme lui,
Soit que, seul dans les bois, ses éloquentes peines
Ne s'adressent qu'aux vents, aux rochers, aux fontaines.
Si d'un mot ophappé Toutrageuse rudesse
x\ pu blesser l'amour et sa délicatesse,
Immobile il gémit, songe à tout expier.
Sans honte, sans réserve, il faut s'humilier -.
Églé, tombe à genoux, bien loin de te défendre ; 5
Tu le verras soudain plus amoureux, plus tendre.
Courir et t'arrêter, et lui-même à genoux
Accuser en pleurant son injuste courroux.
Mais souvent malgré toi, sans fiel ni sans injure,
Ta bouche d'un trait vit' aiguise sa piqûre ; 10
Le trait vole, tu veux le rappeler en vain :
Ton amant consterné dévore son chagrin.
Ou bien d'un dur refus l'inflexible constance
De ses feux tout un jour a trompé l'espérance ;
11 boude : un peu d'aigreur, un mot même douteux 15
Y. 3. André ne seiiiblc-t-il pas transporter de la philosophie à l'amour, en en modifiant le sens, une comparaison de Lucrèce [[, 935), où le poète latin, disant qu'il embellit la philosophie des fleurs de la poésie, ajoute .
Sed veluli pueris absinthia telra medentes Cum dare coiiantur. prias oras pocula circum Contingunt meUis dulci flavoque liquore.