ANTISTROPHE II
Dès lors l'étranger étonné Se tait avec respect devant leur sceptre immense ; so
Leur peuple à leurs pieds enchaîné,
V. 41. Cette strop c est d'une grande beauté ; elle développe la pensée exprimée dans ces vers de I.acain, YII, 487 :
Rapit omnia casus ;
Alquc incerta facit, quos vult, Forluna nocentes.
Qui ne sait par cœur ce passage de Corneille, Mort de Pompée, III, u :
Grâces à ma victoire, on me rend des hommages
Où ma Tuile eùl reçu toutes sortes d'outrages :
Au vainqueur, non à moi, vous faites tout l'honneur;
Si César en jouit, ce n'est que par bonheur.
Amitié dangereuse et redoutable zèle,
Que règle la Foitune et qui tourne avec elle !
Dans la même pièce (I, m], lorsque Cléopâtre appelle Pompée un grand homme, Ptolémée répond :
Au sortir de Pharsale esl-ce ainsi qu'on le nomme?
Et, pour citer encore le grand Corneille, Mort de Pompée^ I, i :
Seigneur, quand par le fer les choses sont vidées, La justice et le droit sont de vaines idées.
Dans son Dictionnaire philosophiçiie, art. Théodose, Yollairc s*écrie : a ^lalheur aux vatnctis ; bénis soient les victorieux 1 voilà la devise du genre humain. > V. 50. « Sceptre immense, » puissant, comme immensuê en latin.
Vantant jiisques à leur clémence, Nous voue à la risée, à l'opprobre, aux tourments, Nous, de la vertu libre indomptables amants. Humains, lâche troupeau... Mais qu'importent au sage 5&
Votre blâme, votre suffrage.
Votre encens, vos poignards, et de flux en reflux
Vos passions précipitées ?
11 nous faut tous mourir. A sa vie ajoutées. Au prix du déshonneur,' quelques heures de plus co
Lui sembleraient trop achetées.