‹ Poésies de André ChénierChapitre 395 sur 418 · ANTISTROPHE II · texte numérisé non relu

ANTISTROPHE II

Dès lors l'étranger étonné Se tait avec respect devant leur sceptre immense ; so

Leur peuple à leurs pieds enchaîné,

V. 41. Cette strop c est d'une grande beauté ; elle développe la pensée exprimée dans ces vers de I.acain, YII, 487 :

Rapit omnia casus ;

Alquc incerta facit, quos vult, Forluna nocentes.

Qui ne sait par cœur ce passage de Corneille, Mort de Pompée, III, u :

Grâces à ma victoire, on me rend des hommages

Où ma Tuile eùl reçu toutes sortes d'outrages :

Au vainqueur, non à moi, vous faites tout l'honneur;

Si César en jouit, ce n'est que par bonheur.

Amitié dangereuse et redoutable zèle,

Que règle la Foitune et qui tourne avec elle !

Dans la même pièce (I, m], lorsque Cléopâtre appelle Pompée un grand homme, Ptolémée répond :

Au sortir de Pharsale esl-ce ainsi qu'on le nomme?

Et, pour citer encore le grand Corneille, Mort de Pompée^ I, i :

Seigneur, quand par le fer les choses sont vidées, La justice et le droit sont de vaines idées.

Dans son Dictionnaire philosophiçiie, art. Théodose, Yollairc s*écrie : a ^lalheur aux vatnctis ; bénis soient les victorieux 1 voilà la devise du genre humain. > V. 50. « Sceptre immense, » puissant, comme immensuê en latin.

Vantant jiisques à leur clémence, Nous voue à la risée, à l'opprobre, aux tourments, Nous, de la vertu libre indomptables amants. Humains, lâche troupeau... Mais qu'importent au sage 5&

Votre blâme, votre suffrage.

Votre encens, vos poignards, et de flux en reflux

Vos passions précipitées ?

11 nous faut tous mourir. A sa vie ajoutées. Au prix du déshonneur,' quelques heures de plus co

Lui sembleraient trop achetées.

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