‹ Poésies de André ChénierChapitre 401 sur 418 · V. 35. « IjU tardive déesse. » Horace, Odes, III, ii · texte numérisé non relu

V. 35. « IjU tardive déesse. » Horace, Odes, III, ii

Raro antcccdentem scelestum Deseruit perie Pœna cla«do.

(le vers et le suivant semblent imités d'un fragment d'une tragédie perdue d'Euripide, rapporté par jMutarijue, de Sera num. vindictaf II :

- ï,lyoi xal ^puitl tto^î

Y 49. Il y a certainement dans ccltft stron^c un souvenir de Virgi'c.

458 HYMNES ET ODES

Ainsi, dans le secret amassant la tempête,

Rit un beau ciel d*azur, qui cependant s'apprête

A foudroyer les monts, à soulever les mers.

Belle, jeune, brillante, aux bourreaux amenée, 5î>

Tu semblais t'avancer sur le char d*hy menée ;

Ton front resta paisible et ton regard serein.

Calme sur Téchafaud, tu méprisas la rage

D'un peuple abject, servile et fécond en outrage,

Et qui se croit encore et libre et souverain. eu

La vertu seule est libre. Honneur de notre histoire,

Notre immortel opprobre y vit avec ta gloire ;

Seule, tu fus un homme, et vengeas les humains !

Et nous, eunuques vils, troupeau lâche et sans àme,

Nous savons répéter quelques plaintes de femme; fô

Mais le fer pèserait à nos débiles mains.

Un scélérat de moins rampe dans cette fange.

La Vertu t'applaudit ; de sa mâle louange

Entends, belle héroïne, entends Tauguste voix.

0 Vertu, le poignard, seul espoir de la terre, to

Est ton arme sacrée, alors que le tonnerre •

Laisse régner le crime et te vend à ses lois.

En ■ ) I V, 475, lor8({ue Didon cache sa résolution de mourir sous les dehor>

de la séronité :

Decrevilque mori, tempus secum ipse inodumque Exigil, et mœstam dictis aggressa sororem, Consilium vultu tegit, ac spum fronte serenat.

V. 57. Elle meurt, comme Polyxène et comme Iphigénie, présentanl

a gorge d'un cœur ferme, iuAapSiuç. Cette strophe est la paraphras '

de l'expression d'Euripide, si belle dans sa simplicité et dans sa concision.

V. 65. C'est l'injure sanglante que, dans Homère, //., VII, 96, Ménélas

jette à la face des Grecs, qui n'osent affronter Hector :

"û /mot, KntiXrir^ptÇf 'Axair^e^, oùxér* 'Ax«(0^.

SAINT-lAZAKE

Triste vieillard, depuis que pour tes cheveux blancs

Il n'est plus de soutien de tes jours chancelants.

Que ton fils orphelin n'est plus h son vieux père,

Renfermé sous ton toit et fuyant la lumière,

Un sombre ennui t'opprime et dévore ton sein. 5

Sur ton siège de hêtre, ouvrage de ma main.

Sourd à tes serviteurs, à tes amis eux-même,

Le front baissé, l'œil sec et le visage blême.

Tout le jour en silence à ton foyer assis.

Tu restes pour attendre ou la mort ou ton fils. lo

Et toi, toi, que fais-tu, seule et désespérée,

De ton faon dans les fers lionne séparée?

I. — Ce morceau, par la pensée qu'il exprime, se rapporte assez bien aux pièces composées à Saint- Lazare. Cependant il ne s'agit ici ni du père ni de la mère d'André Chénier, ni de lui-même, mais, comme le prouve le vers 16, d'un prisonnier détenu à la Conciergerie.

Y. 11. André se souvenait certainement du beau vers de Racine dans Iphigénie^ IV, iv

Je m'en retournerai seule et désespérée.

J'entends ton abandon lugubre et gémissant ;

Sous tes mains en fureur ton sein retentissant,

Ton deuil pâle, éploré, promené par la ville, 15

Tes cris, tes longs sanglots remplissent toute Tile.

Les citoyens de loin reconnaissent tes pleurs.

(( La voici, disent-ils, la femme de douleurs! »

L'étranger, te voyant mourante, échevelée.

Demande : i( Qu'as-tu donc, ô femme désolée ! » io

— Ce qu'elle a? Tous les dieux contre elle sont unis :

La femme désolée, elle a perdu son fils!

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