V. 19. Éd. 1826 et
Mon fils, tu veux mourir? Tu veux, dans ses vieux ans.
50 POÉSIES ANTIQtES.
Laisser ta mère seule avec ses cheveux blancs ? îo
Tu veux que ce soit moi qui ferme ta paupière?
Que j'unisse ta cendre à celle de ton père?
C'est toi qui me devais ces soins religieux,
Et ma tombe attendait tes pleurs et tes adieux.
Parle, parle, mon fils, quel chagrin te consume? 25
Les maux qu'on dissimule en ont plus d'amertume.
Ne lèveras-tu point ces yeux appesantis ? i
— Ma mère, adieu ; je meurs, et tu n'as plus de fils.
Non, tu n'as plus de fils, ma mère bien-aimée.
Je te perds* Une plaie ardente, envenimée, 30
Me ronge ; avec effort je respire, et je crois
Chaque fois respirer pour la dernière fois.
Je ne parlerai pas ; adieu... Ce lit me blesse.
Ce tapis qui me couvre accable ma faiblesse;