‹ Poésies de André ChénierChapitre 72 sur 418 · V. 19. Éd. 1826 et · texte numérisé non relu

V. 19. Éd. 1826 et

Mon fils, tu veux mourir? Tu veux, dans ses vieux ans.

50 POÉSIES ANTIQtES.

Laisser ta mère seule avec ses cheveux blancs ? îo

Tu veux que ce soit moi qui ferme ta paupière?

Que j'unisse ta cendre à celle de ton père?

C'est toi qui me devais ces soins religieux,

Et ma tombe attendait tes pleurs et tes adieux.

Parle, parle, mon fils, quel chagrin te consume? 25

Les maux qu'on dissimule en ont plus d'amertume.

Ne lèveras-tu point ces yeux appesantis ? i

— Ma mère, adieu ; je meurs, et tu n'as plus de fils.

Non, tu n'as plus de fils, ma mère bien-aimée.

Je te perds* Une plaie ardente, envenimée, 30

Me ronge ; avec effort je respire, et je crois

Chaque fois respirer pour la dernière fois.

Je ne parlerai pas ; adieu... Ce lit me blesse.

Ce tapis qui me couvre accable ma faiblesse;

Page 1