VIII. — Voy. Sainte-Beuve, Porlr, lUt., h
V. 1-4. Gomme nous l'a fait remarquer M. Léo Joubert, ces vers sont !a traduction d'une de ces chansons appelées Locriennes, si répandues (hms l'antiquité, qui célébraient l'amour et souvent l'adultère. Voici K' fragment conservé par Athénée, XV, p. 697, C :
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V. 7-8. Tel est le portrait que Théocrite, Idyl, XIV, 3, trace d'un pythagoricien.
ÉLÉGIES. m
Pieds nus, la barbe noire, un sectateur zélé
Du muet de Samos qu*admire Métaponte,
Dit : « Lociiens perdus, n'avez-vous pas de honte ? io
Des mœurs saintes jadis furent yotre trésor ;
Vos vierges, aujourd'hui riches de pourpre et d'or.
Ouvrent leur jeune bouche à des chants adultères.
Hélas ! qu'avez-vous fait des maximes austères
De ce berger sacré que Minerve autrefois 15
Daignait former en songe à vous donner des lois ? »
Disant ces mots, il sort... Elle était interdite;
Son œil noir s'est mouillé d'une larme subite ;
Nous l'avons consolée, et ses ris ingénus.
Ses chansons, sa gaîté, sont bientôt revenus. 20
Un jeune Thurien, aussi beau qu'elle est belle
(Son nom m'est inconnu), sortit presque avec elle :
Je crois qu'il la suivit et lui fit oublier
Le grave Pythagore et son grave écolier.
V. 9. Pythagore est né à Samos [Jamblique, Pyth., II) ; selon d'autres, à Phliase, à Métaponte (Poq)hyre, Pyth. init.) ; on sait qu'il imposait le silence à ses disciples, ou mieux des jeûnes de parole (Jamblique, Pyth., XVII] . A Métaponte, où il mourut, les citoyens avaient pour lui une telle admiration, qu'ils voulaient appliquer à la direction de leurs affaires publiques ses préceptes philosophiques [Jambl., XXXY). — Yoy. Apulée, Flor., XV;Valère Maxime, VIII, vn.
V. 13. Construction latine ; voyez les vers de Virgile cités dans une note de V Aveugle, 110.
V. 15. Zaleucus, berger, pythagoricien, fît croire aux Locriens que Minerve, lui ayant apparu en songe, lui avait dicté des lois. Voy. Jambl., Pyth., XXXVI et passim; Plutarque, Comment on peut se louer,..; Schol. Pindar. Olymp., X, 17 ; Clément d'Alex., Strom., î, p. 258, A. — Zaleucus avait beaucoup voyagé ; il avait étudié les lois de la Crète, de la Laconie, de l'Attique [Strabon, VI, i, 8). Il avait établi des lois très-sévères contre l'intempérance (Athénée, X, vu, p. 429, A) et contre le luxe [Diodorc, XXII, xx).
V. 21. Sur la ville de Thurium et sur ses lois indulgentes pour la femme qui quitte son mari, voy. Diodore, XII.
Bel astre de Vénus, de son front délicat
Puisque Diane encor voile le doux éclat,
Jusques à ce tilleul, au pied de la colline.
Prête à mes pas secrets ta lumière divine.
Je ne vais point tenter de nocturnes larcins, 5
Ni tendre- aux voyageurs des pièges assassins.
J'aime : je vais trouver dès ardeurs mutuelles,
Une nymphe adorée, et belle entre les belles.
Gomme, parmi les feux que Diane conduit.
Brillent tes feux si purs, ornement de la nuit. lo