LYDÉ
« Laisse, blanche Lydé, toi par qui je soupire, Sur ton pâle berger tomber un doux sourire.
BüCOLiaUES.
Et, de ton grand œil noir daignant chercher ses pas, Dis-lui : Pâle berger, viens, je ne te hais pas.
— Pâle berger aux yeux mourants, à la voix tendre ^ Cesse, à mes doux baisers, cesse enfin de prétendre. Non, berger, je ne puis; je n’en ai point pour toi. Ils sont tous à Mœris, ils ne sont plus à moi. »
l’amour endormi
Là reposait l’Amour, et sur sa joue en fleur D’une pomme odorante éclatait la couleur.
Je vis, dès que j’entrai sous cet épais bocage.
Son arc et son carquois suspendus au feuillage. Sur des monceaux de rose au calice embaumé Il dormait. Un souris sur sa bouche formé L’entrouvrait mollement, et de jeunes abeilles Venaient cueillir le miel de ses lèvres vermeilles.
(Trad. de Platon.)
l’amour laboureur
Nouveau cultivateur, armé d’un aiguillon, L’Amour guide le soc et trace le sillon;
Il presse sous le joug les taureaux qu’il enchaîne. Son bras porte le grain qu’il sème dans la plaine.
So
POÉSIES d’aNDRÉ CHÉNIER.
Levant le front , il crie au monarque des dieux :
« Toi, mûris mes moissons de peur que, loin des cieux. Au joug d’Europe encor ma vengeance puissante Ne te fasse courber ta tête mugissante. »
L’autre répond :
U Amour vendangeur... porte les paniers sur son^dos. 11 dit à Jupiter : Pourquoi la vendange n'a-t-elle pas été plus abondante ? crois-tu donc que pour toi je n'aurai point encoix quelque forme nouvelle, crr, ou flamme, ou plumage, oii je puisse te réduire en esclavage?