‹ Poésies de André Chénier (volume 2)Chapitre 44 sur 108 · LE PRINTEMPS · texte numérisé non relu

LE PRINTEMPS

Déjà l’hiver expire, et Phœbus dans son cours Partage également et les nuits et les jours.

Nos champs verront bientôt revenir l’hirondelle.

Que j’aime à contempler

Ces arbres nus encor de nouveaux feux dorés ,

Et des toits d’alentour les faîtes colorés !

Et là, cet humble toit, que des chaumes composent ! Deux pigeons, au soleil, ensemble s’y reposent ; Leurs yeux et leurs baisers s’unissent mollement. Leur plumage s’agite et frémit doucement.

Hélas ! je sens couler dans mon àme inquiète Une mélancolie et profonde et muette;

Quelque chose me manque, et je ne sais quels vœux. Ah! faut-il être seul et témoin de leurs jeux!

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