‹ Poésies de André Chénier (volume 2)Chapitre 82 sur 108 · ÉPITRE A M. BAILLY · texte numérisé non relu

ÉPITRE A M. BAILLY

Le poète enivré de. ses jeunes fureurs.

Fuyant de l’envieux les bassesses obscures.

Se transporte en esprit dans les races futures.

Et, promenant ses pas sous le bois égarés.

Des poètes divins relit les vers sacrés.

Leurs triomphes n’ont point abattu son courage. Il mesure leur vol qui plane d’âge en âge. L’ardeur de suivre aussi cet illustre chemin

POÉSIES DIVERSES

Soulève ses cheveux, aiguillonne sa main.

Il ferme le volume. Il erre, il se tourmente ;

Des vers tumultueux de sa bouche éloquente Roulent. Seul avec lui, superbe et satisfait,

Il s’écoute chanter, se récite, se plaît ;

Et puis, quand de la nuit les heures pacifiques Ont calmé de ses sens ces vagues poétiques.

Il reprend son travail. Consterné, furieux.

Il n’y voit que défauts qui lui choquent les yeux. Il jure d’oublier sa fatale manie.

Les muses, ses projets. Mais bientôt son génie. Prompt à se rallumer, en de nouveaux transports S’élance, et se raidit à de nouveaux efforts.

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