LE POÈTE
Pour lui
L’ombre du cabinet en délices abonde.
S’il fuit les graves riens, noble ennui du beau monde. Ou si, chez la beauté qui l’admit en secret.
Las de parler enfin, il demeure muet.
Il regagne à grands pas son asile et l’étude :
Il y trouve la paix, la douce solitude.
Ses livres, et sa plume au bec noir et malin.
Et la sage folie, et le rire à l’œil fin.
Mais, comme vous, ce que plus je regrette. Mes chers amis, c’est qu’en ce temps béni, A tout moment des filles toutes nues.
Pour se couvrir n’ayant que leurs cheveux, De pleurs amers inondant leurs beaux yeux. De tous les bois peuplaient les avenues.
POÉSIES DIVEPSES.
Or venez maintenant, graves déclamateurs ; D’almanachs, de journaux, savants compilateurs ; Déployez pour mes vers vos balances critiques, Flétrissez-les du sceau des lettres italiques^
Citez faux de grands noms, épouvantails des sots ;
Aux lourds raisonnements joignez de lourds bons mots Assurez que ma muse est froide ou téméraire.
Que mes vers sont mauvais, que ma rime est vulgaire :
Je l’ai bien fait exprès; votre chagrin m’est doux.
Je serais bien fâché qu’ils fussent bons pour vous.
Mon Dieu 1 lorsqu’imitant ce bon roi de Phr}’gie,
Vous jugez ou le drame, ou l’ode, ou l’élégie.
Faut-il que nul démon^ ami du genre humain,
Jamais à votre front ne porte votre main !
Vous sauriez une fois combien vos doctes veilles Sur votre tête auguste allongent vos oreilles.
THÉÂTRE
LA BATAILLE d'aRMINIUS