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soror, atquehostem suppléa affure superbum

ÉLÉGIES

De sa mère à ses yeux offrent la sainte image. ho

Tiens, prends cette corbeille et 110s fruits les plus beaux ; Prends notre Amour d’ivoire, lionneur de ces hameaux ; Prends la coupe d’onyx à Corinthe ravie ;

Prends mes jeunes chevreaux, prends mon coeur, prends ma vie; Jette tout à ses pieds; apprends-lui qui je suis; 115

Dis-lui que je me meurs, que tu n’as plus de fds ;

Tombe aux pieds du vieillard, gémis, implore, presse ;

Adjure cieux et mers, dieu, temple, autel, déesse...

Pars; et si tu reviens sans les avoir fléchis,

Adieu, ma mère, adieu, tu n’auras plus de fils. i*o

— J’aurai toujours un fils; va, la belle espérance Me dit... » Elle s’incline, et, dans un doux silence,

Elle couvre ce front, terni par les douleurs,

De baisers maternels entremêlés de pleurs.

Puis elle sort en hâte, inquiète et tremblante. 1»:;

La démarche de crainte et d’âge chancelante,

Elle arrive ; et bientôt revenant sur ses pas,

Haletante, de loin : « Mon cher fils, tu vivras,

Tu vivras. » Elle vient s'asseoir près de la couche :

Le vieillard la suivait, le sourire à la bouche. i;o

La jeune belle aussi, rouge et le front baissé,

Racine, Phèdre, III, 1, s’inspirant aussi de Virgile :

Va trouver de ma part ce jeune amliilicux. . . .

Pour le fléchir, enfin, tente tous les moyens;

Tes discours trouveront plus d'accès que les miens :

Pro>se, pleure, gémis, peins-lui Phèdre mourante;

Ne rougis point de prendre une voix suppliante :

Je t’avoùrai de tout : je n'espère qu'en toi.

Va ; j’attends ton retour pour disposer de moi.

V. 115. Comparez l’expression jeter son cœur aux j ieds de quelqu'un, avec ce vers de Théocrit e, Idyl., XXVII, 61 :

Affl’ aùrà» àuvx/uxy xaî ràv <fi u^àv èrre êàUîtv.

V. 126. C’est un trait emprunté à Virgile, Enéide, IV, 641, qui dit ae la nourrice de Didon :

Ula gradum studio celerabat anili.

Vient, jette sur le lit un coup d’œil. L’insensé Tremble; sous ses tissus il veut cacher sa tête.

« Ami, depuis trois jours tu n’es d’aucuue fête,

Dit-elle; que fais-tu? pourquoi veux-tu mourir? 155

Tu souffres. L’on me dit que je peux te guérir ;

Vis, et formons ensemble une seule famille.

Que mon père ait un fils, et ta mère une fille. »

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