CLYTIE
Mes Mânes a Ci.ytie. « Adieu, Clytie, adieu.
Est-ce toi dont les pas ont visité ce lieu ?
Parle, est-ce toi, Clytie, ou dois-je attendre encore?
Ali ! si tu ne viens pas seule ici, chaque aurore,
Rêver au peu de jours où j’ai vécu pour toi, 5
Voir cette ombre qui t’aime et parler avec moi,
D’Élysée à mon cœur la paix devient amère,
Et la terre à mes os ne sera plus légère.
Chaque fois qu’en ces lieux un air frais du matin
Vient caresser ta bouche et voler sur ton sein, 10
Pleure, pleure, c’est moi; pleure, fille adorée;
C’est mon âme qui fuit sa demeure sacrée,
Et sur ta bouche encore aime à se reposer,
Pleure, ouvre-lui tes bras et rends-lui son baiser. 1»
Entre autres manières dont cela peut être placé (écrit Chénier), en voici une : Un voyageur, en passant sur un chemin, entend des pleurs et des gémissements. 11 s’avance; il voit au bord d’un ruisseau une jeune femme échevelée, tout en pleurs, assise sur un tombeau, une main appuyée sur la pierre, l’autre sur ses yeux. Elle s’enfuit à l’approche du voyageur, qui lit sur la tombe cette épitaphe.