‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 155 sur 496 · V. 16. Europe avait pour père Agénor de Sidon · texte numérisé non relu

V. 16. Europe avait pour père Agénor de Sidon

V. 18. « Objets des vœux. i*Les poètes emploient l’un pour 1 autre, et

ÉPIGRAMMES 111

Et, se fiant à lui, la belle désirée

Ose asseoir sur son flanc cette charge adorée.

11 s’élance dans l’onde; et le divin nageur,

Le taureau, roi des dieux, l’humide ravisseur,

\ déjà passé Chypre et ses rives fertiles ; 25

Il approche de Crète, et va voir les cent villes.

MNAÏS

Bergers, vous dont ici la chèvre vagabonde,

La brebis se traînant sous sa laine féconde,

sans distinction, les mot sujet et objet, parce que l’être aimé est réellement en même temps le sujet qui fait naître l’amour et Vobjet auquel se rapporte l’amour. Ainsi Racine, Phèdre, II, v, a dit :

Lorsque de notre Crète il traversa les Dots,

Digne sujet des vaux des filles de Hinos.

Au contraire, Malherbe, p. 35, avait dit :

Que vous ont fait ces cheveux,

Dignes objets de tant de taux?...

La Fontaine, Ode pour Madame, a employé les deux mots en même temps :

Elle eut honte qu’un objet.

De tant de vœux le sujet...

V. 22. Tout en imitant Moschus, André n’oublie pas Ovide, qui a dit, AM., II, 868 :

Ausa est quoque regia virgo,

Ncscia quem premeret, tergo considéré tauri.

II. — Les éditions précédentes donnent à la jeune fdle le nom d’ lundis, qui n'est ni grec ni? latin, et qui ne se trouve dans aucun poète. Mnais se lit dans un fragment de Sapplio (éd. Volger, Lipsiæ, p. 551. Cf. Bergk, Lyrici grœci, 2” éd., p. 684. Cette pièce est une épitaphe traduite de Léonidas de Tarente, Anth., VII, 657 :

Docufvts, ot toc jrrçv ôptof piy,iu ûtOTTO/tcrt acyaç x' tvc(pov( è/xBaréov rif oïç,

Au front de la colline accompagnent le> pas,

A la jeune Mnaïs rendez, rendez, hélas !

Par Cybèle et Gérés et sa fille adorée, s

Une grâce légère, une grâce sacrée.

Naguère auprès de vous elle avait son berceau,

Et sa vingtième année a trouvé le tombeau.

Que vos agneaux au moins viennent près de ma cendre Me bêler les accents de leur voix douce et tendre, 10

Et paître au pied d’un roc où, d’un son enchanteur,

La flûte parlera sous les doigts du pasteur.

Qu’au retour du printemps, dépouillant la prairie.

Des dons du villageois ma tombe soit fleurie ;

Puis, d’une brebis mère et docile à sa main, 15

En un vase d’argile il pressera le sein ;

Et sera chaque jour d’un lait pur arrosée La pierre en ce tombeau sur mes mânes posée.

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