‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 165 sur 496 · I. — Cette pièce est imitée d’Ovide, Met., IV, Il et sqq · texte numérisé non relu

I. — Cette pièce est imitée d’Ovide, Met., IV, Il et sqq

Barchumque vocant, Bromiumquv, Lyæurnque,

lgnigenamque, satuinque iterum, solumque bimatrem.

Additur bis Nyseus, iudetonsusque Thyoneus,

Et cum Lenco genialis consitor uvx,

Nycteliusque, Elelcusque parens, et Iacchus, et Evau;

Et quæ præterea per Graias plurima gcutes

Komiua, Liber, habes

Tu bijugum piclis insignia frenis

Colla premis lyncutn : Bacchæ Satyrique sequuutur;

Quiquc senex ferula titubantes ebrius artus Sustinet, aut pando non fortiter hæret asello.

Quacunique ingrederis, clamor juvenilis, et una Femineæ voces, impulsaque tympana palmis,

Concavaque æra sonant, lougoque foramine buxus.

En lisant les vers d’André, il ne faut pas oublier qu'il se souvenait aussi d'un passage d’Ovide, Art d'aimer, I, 541, de Catulle, LX1V, 255, et du Silène de Virgile.

V. 1. « Thyonée, s fils de Thyone, surnom de Sémélé ; voy. Schol. Apollonius, Arg., I, 656.

V. 2. a Dionyse, » dieu de Nysa ; c’est l'explication qu'avait adoptée ( liénier, comme on le voit dans le fragment qui suit cette pièce. Nonnus et les mythographes sont en désaccord sur la signification et l’étymologie de ce nom. — « Évan, » nom de Bacchus qui peut-être a son origine dans le cri d’Évohé, Évoë, que poussaient les Bacchantes dans leurs

liTUDES ET FllAGMENTS. 121

Viens, tel que tu parus aux déserts de Naxos,

Quand ta voix rassurait la fille de Minos.

Le superbe éléphant, en proie à ta victoire, 5

Avait de ses débris formé ton char d’ivoire.

De pampres, de raisins mollement enchaîné, y

Le tigre aux larges flancs de taches sillonné,

Et le lynx étoilé, la panthère sauvage,

Promenaient avec toi ta cour sur ce rivage. 10

L’or reluisait partout aux axes de tes chars.

Les Ménades couraient en longs cheveux épars Et chantaient Evius, Bacchus et Thyonée,

Et Dionyse, Evan, lacchus et Lénée,

Et tout ce que pour loi la Grèce eut de beaux noms. 15 Et la voix des rochers répétait leurs chansons ;

chants on l’honneur du dieu. Sur les significations et étymologies de ce nom, consultez les Scholies d’Aristophane. Clém. d’Alex., Adin. ad gentes, p. 7, D, le fait dériver de. jûta, nom hébraïque du serpent femelle. Par contre voyez Curtius, Griech. Etymol., II, p. 156 et 150. Sur une autre origine d'Évoë eugr! courage!), voy. Acron, Connu, in Horat. Od., I, xviii. Quoi qu’il en soit, c'est un des plus vieux débris des chants dithyrambiques en l’honneur de Bacchus; voy. Plutarque, Sur le mot ei de Delphes. — « lacchus, » le nom de l'antique Bacchus ; voy. Connus, Dionys., XXXI, 63. Cf. Hérodote, VIII, lxv. — nljénée, » surnom de Bacchus, qui vient de lôvof, pressoir. N’onnus, Dionys., XIV, 99, fait de Lénée un des fils de Silène. C’est de ce nom que les petites Dionysiaques s’appelèrent Ioniennes. — D’ailleurs, voy. Bolle, Recherches sur le culte de bacchus.

Y. 4. Ariane, abandonnée du parjure Thésée, errait éplorée sur le rivage de Saxos ; Bacchus triomphant lui apparaît, et l'amour du dieu la console de la fuite du héros. Voy. Ovide, Art d’aimer, I ; Catulle, LXIV, 254.

V. 9. « Étoilé, » signifie-t-il « parsemé de taches » (cf. Frag. I, v. 4), ou bien, « aux yeux d'étoiles, a c’est-à-dire dont les yeux brillent comme des étoiles et percent l’obscurité ? En latin, stellalus a les deux sens.

V. 12. « Ménades , » surnom des Bacchantes (ptlvopat) ; voy. Euripide, Dacch., passim.

V. 13. Évius, Evi'oî, et non Évoë, qui n'est qu’un cri. C’est sous ce nom d’Évius qu’on invoquait Bacchus dans les festins (Athénée, VII 1, p. 363, B).

Et le rauque tambour, les sonores cymbales,

Les hautbois tortueux, et les doubles crotales Qu’agitaient en dansant sur ton bruyant chemin Le faune, le satyre et le jeune Sylvain, 2(

Au hasard attroupés autour du vieux Silène,

Qui, sa coupe à la main, de la rive indienne,

Toujours ivre, toujours débile, chancelant,

Pas à pas cheminait sur son âne indolent.

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