‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 166 sur 496 · FRAGMENT I · texte numérisé non relu

FRAGMENT I

C’est le dieu de Nysa, c’est le vainqueur du Gange,

V. 17. En donnant au mot et qui commence ce vers la valeur de ainsi que, on n’a pas besoin de supposer un verbe sous-entendu dans les vers suivants. — I.e tambour, c'était le tympanum, sorte de tambour de basque, qu'on frappait avec les mains; voy. Lucrèce, II, 018; les cymbales étaient ce qu’elles sont encore aujourd'hui ; voy. Lucrèce, kl. Les épithètes rauque et sonores, qu'André donne au tambour et aux cymbales, correspondent à rauea et à mollia. Quelques éd. de Propcrce (III, xvii, 33 et 36) donnent à tort mollia tympana et cymbala ranca. Burmann 1 et Lachmann ont changé ces épithètes, et mis, v. 33, mollia cymbala, et, v. 36, tympana rauca. Sonores est la signili cation très-juste de mollia, car mollia cymbala signifie des cymbales sensibles au moindre toucher, c’est-à-dire sonores.

V. 18. « Le hautbois tortueux, » tibia curva, Tibullc, II, i, 86. — Ia;s crotales sont les castagnettes antiques ; « doubles, » parce que les crotales se composaient de deux lames. Bien qu’Ovidc et Catulle ne parlent pas de cet instrument dans la description du cortège de Bacchus, il était cependant usité dans les Bacchanales, comme le prouve ce passage d’Euripide. Cycl., 203 :

T< ; Oj%t Aicovuto; txSi,

OÙ XpOTxXoC JfSt/XOÜ, TO/MTStVWÏ t’ xpi'/pxTx.

V. 19. De même, en chantant le Io-Pæan (Homère, Ilym. à Apollon, 5141, les Crétois dansent sur le chemin en accompagnant Apollon, qui joue , de la cithare.

V. 21. Le souvenir du Silène de Virgile s’ajoute ici. Silène avait élevé Bacchus ; il l’accompagna dans la guerre des Indes (Lucien, Bacchus).

Fragment I. — Ces quatre vers, qu’a retrouvés M. Sainte-Beuve, ne

' Il est probable qu’André se servait de l'édition de Burmann, qui venait de paraitre en 1780.

Au visage de vierge, au front ceint de vendange,

Qui dompte et fait courber sous son char gémissant Du lynx aux cent couleurs le front obéissant...

Page 1