‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 167 sur 496 · HERCULE · texte numérisé non relu

HERCULE

Œta, mont ennobli par cette nuit ardente,

Quand l’infidèle époux d’une épouse imprudente

sont en quelque sorte qu'une variante, une seconde imitation des vers d’Ovide :

Virgineum capot est. Oriens tibi virtus, ad usque Decolor extremo qua tinguitur India Gange, etc.

Peut-être est-ce un premier essai qu'André aura abandonné pour donner à son début un accent plus marqué d'invocation. On peut comparer ce fragment avec les passages de Virgile, Enéide, VI, 805, et d'Horace, 0d., III, ni, 15. — « Front ceint de vendange. » Le mot vendange signifie le raisin lui-même comme parfois en latin. Voy. Virgile, Gcorg., II, 89.

V. 4. C'est le « Lynces Bacchi variæ » de Virgile, Géurg., III, 204. Cf. Virgile, Enéide, I, 525 : a Maculosæ tegmine Ivncis. »

Fragment II. — Ce fragment ne se rattache qu’indireetementà l’hymne à Bacchus ; cependant il semble là mieux à sa place que dans les fragments séparés. La première idée est dans Ovide (vers cités ci-dessus) :

Tibi enim inconsumpla juventas.

Tu puer æternus

Mais André se souvient également de Tihulle, I, îv, 57 :

Solis æterna est Phnebo Bacchoquc juventas, et crée un vers isolé qui prendra place quelque jour dans une idylle, ou restera ainsi à l'état de note poétique.

II. — V. 1-4. Le centaure Ncssus, portant un jour Déjanire sur ses épaules pour lui faire traverser l'Evénus, l'outrage de sa main lascive ;

Reçut de son amour un présent trop jaloux,

Victime du centaure immolé par ses coups.

Il brise tes forêts : ta cime épaisse et sombre E

En un bûcher immense amoncelle sans nombre

Les sapins résineux que son bras a ployés. r

11 y porte la flamme; il monte, sous ses pieds

Etend du vieux lion la dépouille héroïque, t

Et l’œil au ciel, la main sur la massue antique 10

Attend sa récompense et l’heure d’être un dieu.

Le vent souffle et mugit. Le bûcher tout en feu Brille autour du héros, et la flamme rapide Porte aux palais divins l’àme du grand Alcide!

elle crie, Hercule sc retourne et tue Nessus, qui, pour se venger, recommande en mourant à Déjanire de conserver son sang comme un philtre amoureux propre à ramener son inlidèle époux. Lorsque, après une longue et victorieuse course, Hercule ramène dans ses foyers la jeune lole, Déjanire, jalouse, lui envoie en présent une tunique trempée dans le sang empoisonné de Nessus ; Hercule la revêt, et, bientôt en proie à des tortures qu'il ne peut supporter, amoncelle un bêcher au sommet de l'Œta et se livre aux flammes. (Sophocle, Trach.)

Y, 5-14. Ovide, Met., IX, 229 :

At tu, Jovis inclyta proies,

Arboribus cassis, qu as ardua gesserat (Eté,

Inque pyram slructis

Quo flamma ministro

Subdita, dumque avidis comprenditur ignibus agger,

Congeriem silvæ Nemæo vellere summam Sternis : et imposita clavæ ccrviee recurabis,

Haud alio vultu, quam si conviva jaceres,

Inter plena meri redimitus pocula sertis.

Jamque valens, et in omne latus diffusa sonabat,

Securosque artus, contemptoremque petebat

Flamma suum

Quem paler omnipotens, inter cava nubila raptum,

Quadrijugo curru radiantibus intulit astris.

André, toujours plein de goût, n’a pas rendu la pensée faible et molle d’Ovide, qui compare Hercule à un convive couronné de fleurs. Cf. Sénèque, Herc., 1485; Stace, Silv., III, t.

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