EUPHROSYNE
Ah ! ce n’est point moi qu’on s’occupe de plaire.
Ma sœur plus tôt que moi dut le jour à ma mère.
Si quelques beaux bergers apportent une fleur,
Je sais qu’en me l'offrant ils regardent ma sœur;
S’ils vantent les attraits dont brille mou visage, s
Ils disent à ma sœur : « C’est ta vivante image. »
Ah! pourquoi n’ai-je encore vu que douze moissons?
Nul amant ne me flatte en ses douces chansons;
Nul ne dit qu’il mourra si je suis infidèle.
Mais j’attends. L’àge vient. Je sais que je suis belle. 10 Je sais qu’on ne voit point d’attraits plus désirés
VI. — Ce fragment, différent du précédent, rappelle les vers déjà cités de Propcrce, p. 64 :
Quod si forte tuos vidisset Glaucus ocellos Esses Iouii facta puella maris.
V. 4. a Galatée, » tille de Doris et de Néréc, aimée de Polyphénie. (Lucien, Dial, mar., I; Ovide, Mét., XIII, 738.)
VII. — V. G. Dans Racine, Mithr., III, v, Monimc dit à Mithridate en lui parlant de son (ils .
Cette vivante image en qui vous vous plaisez.
Qu’un visage arrondi, de longs cheveux dorés, Dans une bouche étroite un double rang d’ivoire, Et sur de beaux yeux bleus une paupière noire.
A compter nos brebis je remplace ma mère ;
Dans nos riches enclos j’accompagne mon père ;
J’y travaille avec lui. C’est moi de qui la main,
Au retour de l’été, fait résonner l’airain
Pour arrêter bientôt d’une ruche troublée 5
Avec ses jeunes rois la jeunesse envolée.
Une ruche nouvelle à ces peuples nouveaux Est ouverte ; et l’essaim, conduit dans les rameaux Qu’un olivier voisin présente à son passage,
Pend en grappe bruyante à son amer feuillage. 10