‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 172 sur 496 · V. 5-9. Virgile, Géorg., IV · texte numérisé non relu

V. 5-9. Virgile, Géorg., IV

Vestibulum aut ingens oleaster inumbret :

lit, quum prima novi {lurent examina reges Vere suo, iudetque fa via cniissa juvcntus,...

Obviaque hospiliis teueat frondentilms arbos.

V. 40. C’est ainsi que Virgile, Géorg., IV, 557, nous montre les abeilles :

Arbore sumina

Conüuerc, et lentis uvam demittere raniis.

Détail sur lequel il revient dans V Enéide, VII, 66 :

Et. pedibus per mutua nexis.

Examen subitum ramo frondcntc pependit.

J 'étais un faible enfant qu’elle était grande et belle;

Elle me souriait et m’appelait près d’elle.

Debout sur ses genoux, mon innocente main Parcourait ses cheveux, son visage, son sein,

Et sa main quelquefois, aimable et caressante, 5

Feignait de châtier mou enfance imprudente.

C’est devant ses amants, auprès d’elle confus,

Que la fière beauté me caressait le plus.

Que de fois (mais, hélas ! que sent-on à cet âge?)

Les baisers de sa bouche ont pressé mon visage! 10

Et les bergers disaient, me voyant triomphant :

« 0 que de biens perdus ! ô trop heureux enfant ! »

Toujours ce souvenir m’attendrit et me touche,

Quand lui-mème, appliquant la flûte sur ma bouche,

Ce qui nous ramène jusqu’à Homère, Iliade, II, 86 :

’ETtcJJSVOVTO Si àüCOf.

’titne tBvea tïst ixtXiaeiuv àôtvxwv, nirptii ix yXafupiji àil viov ipxopivi'av,

(SoTpoîôv Si irirovrai ijt’ âvflamv ttapivoîTtv-

IX. — V. 5-6. Combien, selon la nature, les impressions diffèrent ! On se rappelle l’effet que produisent sur J. -J. Rousseau les châtiments de mademoiselle Lambercier. Yoy. Confess., I, i.

X. — Tableau ravissant et complet, qui a déjà dû tenter plus d’un peintre, plus d’un sculpteur. Quelques sujets très-peu nombreux sont ainsi sur la limite des trois arts. Celui-ci dans l’antiquité avait tenté Polygnote, dont une des peintures à Delphes (Pausanias, X, 30) représentait Marsyas apprenant à jouer de la flûte à Olympos. C’était un de ces

Riant et m’asseyant sur lui, près de son cœur,

M’appelait son rival et déjà son vainqueur.

Il façonnait ma lèvre inhabile et peu sure t

V souffler une haleine harmonieuse et pure;

Et ses savantes mains prenaient mes jeunes doigts.

Les levaient, les baissaient, recommençaient vingt ibis,

Leur enseignant ainsi, quoique faibles encore,

A fermer tour à tour les trous du buis sonore. îc

Je sais, quand le midi leur fait désirer l’ombre,

Entrer à pas muets sous le roc frais et sombre,

D’où parmi le cresson et l’humide gravier La naïade se fraye un oblique sentier.

sujets célèbres que les anciens aimaient à reproduire dans la décoration intérieure de leurs maisons. Ce petit morceau est peut-être dû à un souvenir de Gessner, Lycos cl Milon : « Lorsque je balbutiais encore, assis sur les genoux île mon père, s'il jouait quelque air sur son chalumeau, je l'écoutais dès lors avec attention, et je bégayais l’air après lui, ou bien je lui tirais, en souriant, sa flûte de la bouche, et je formais des sons dissonants, a Longus, Daphnis et Chloc, 11, trace avec bien moins de bonheur le tableau de Philctas apprenant à jouer de la flûte aux jeunes bergers. On pourrait rapprocher aussi de ces vers un passage délicieux de Staee, Achill., I, 572, où le poète dépeint les jeux d’Achille et de Déi— damie :

Modo Uulcia uotæ

Fila liras, tenuesque modo,, et carmina monstrat Chironis, ducitque manum, digitosque sonanti Infringil citharæ : nunc occupai ora canentis,

Et ligat amplexus, et mille per oscula laudat.

On a déjà justement remarqué la science avec laquelle, dans ces vers, André a vaincu la difficulté d’exprimer ces détails. J.-B. Rousseau, Pal. et Daph., Églogiic, a dit moins heureusement, surtout moins clairement : Quand sous les doigts légers, l'air, trouvant un passage, Exprimait les accents dont ils traçaient l'image.

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