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L impur et fier époux que la chèvre désire Baisse le front, se dresse et cherche le satyre.
Le satyre averti de cette inimitié Affermit sur le sol la corne de son pied ;
Et leurs obliques fronts lancés tous deux ensemble 5 '
Se choquent; l’air frémit, le bois s’agite et tremble.
V. 5 et suiv. Imité de Gessner, à Daphné : # Souvent ma Musc se aille dans l’épaisseur des bois pour ccouter les dryades et les satyres aux pieds de chèvre ; cllç épie dans les grottes les nymphes couronnées de roseaux. »
XII. — Ce jietit tableau a une belle couleur poétique ; André s’est heureusement rencontré avec Oppien, Virgile et Thomson. Voyez Oppien, Chasse, II, 534, et Thomson, Spring, au moment où le taureau aperçoit son rival. Virgile, Géorg., III, 222, décrit ainsi le combat des deux taureaux :
Versaque in obnixos urgentur cornua va.! o
Cum gemitu : reboant silvæque et magnus Olympus.
V. 1 . Périphrase fréquente chez les poètes grecs et latins. Léonidas, Anth., IX, 99 :
“1 ça/05 tÙTtoiyoi» a 1705
îhéocritc, Id., VIII, 49 :
"O rpiyt, vâv /«uxâv atyoiv avsp
Virgile, Égl., VII, 7, appelle le bouc : « Vir gregis, » et Horace, Od., I, «11, 7, les chèvres : « Olentis uxores mariti. »
Voilà ce que chantait aux Naïades prochaines Ma Muse jeune et fraîche, amante des fontaines,
Assise au fond d’un antre aux nymphes consacre,
D’acanthe et d’aubépine et de lierre entouré.
L’Amour, qui l’écoutait caché dans le feuillage, a
Sortit, la salua Sirène du bocage.
Ses blonds cheveux flottants par lui furent pressés D’hyacinthe et de myrte en couronne tressés :
XIII. — Imité de Gessner, à Daphné : « Souvent aussi l’Amour vient surprendre ma Muse; tantôt dans les grottes vertes, lissues de branchages touffus, tantôt près des ruisseaux ombragés de saules, il écoute ses chants et couronne sa chevelure flottante, quand elle célèbre la tendresse et les doux plaisirs. » — Il pourrait y avoir là aussi un souvenir d'un chœur charmant des Oiseaux d'Aristophane (v. 737). Comme dans les vers du po te grec, la Muse bocagère d’André chante assise sous îles ombrages. A la lin l'Amour compare la douceur de ses chants à la douceur du miel ; Aristophane aussi compare Phrynichus à l'abeille :
M oïnx Xo/pulu, jtoixt’ix ut b' îTs iyù vâr.cciGi xal xopofaïf b ipilan iÇo/is/Oi jut/ixç «irl fu iioxopov,
St' t/irji yivuoj Ço’jSsîî /iciiorj Qsevc vS/101; i epov; àvstçatve»
at/ivi Tt tir, z yoptiifiur optltf, ivbtx iinttptl jii'letTtx
ïpvnyot kp&povitav ptiitiv àiteiôaxtro xapnov, ai! tfipu-j yluxeta» oiSix.
V. fl. « Sirène du bocage, » Muse du bocage. Chez les poètes grecs i'une époque un peu récente, «tpjvest devenu synonyme de jioôsx. Un poète anonyme de l'Anthologie, Antli., App., 577, a ces vers qui ne sont pas sans rapports avec ceux d’André Chénier •
‘bttopbv izalpov ’Epwvoî ôpii, xupr.vx Osirpav, to’vÔj Mtvavôpov, àsi xpxxx TiuxaÇo/isvov
Un autre poète de V Anthologie, IX, 184, appelle Dacchylide iiit ïttpr,i
« Car ta voix, lui dit-il, est douce à mon oreille,
« Autant que le cytise à la mielleuse abeille. » in
Proserpine incertaine
Sur sa victime encor suspendait ses ciseaux.
Et le fer, respectant ses longues tresses blondes,