‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 181 sur 496 · VIII. Athénée, VIII, xv, p. 359 et · texte numérisé non relu

VIII. Athénée, VIII, xv, p. 359 et

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ÊTUUE-S ET FRAGMENTS.

de ces mendiants charlatans qui demandaient pour la mère des dieux, et aussi de ceux qui, à Rhodes, mendiaient pour la corneille et l'hirondelle; et traduire les deux jolies chansons qu'ils disaient en demandant cette aumône et qu’ Athénée a conservées. »

IX. — Il était si en quête de ses gracieuses chansons, de ces noëls de l’antiquité, qu’il en allait chercher d’analogues jusque dans la poésie chinoise, à peine connue de son temps ; il regrette qu’un missionnaire habile n'ait pas traduit en entier le Chi-King, le Livre des vers, ou du moins ce qui en reste. Deux pièces, citées dans le treizième volume de la grande histoire de la Chine qui venait de paraître, l’avaient surtout charmé. Dans une ode sur l'amitié fraternelle, il relève les paroles suivantes ; « Un frère pleure son frère avec des larmes véritables. Son cadavre fût-il suspendu sur un abîme à la pointe d'un rocher, ou enfoncé dans l'eau infecte d'un gouffre, il lui procurera un tombeau. »

X. — « Voici (ajoute-t-il) une chanson écrite sous le règne d’Yao, 2350 ans avant Jésus-Christ. C’est une de ces petites chansons que

T*j Ttaiô! roi 'Ait oi/wvo; fj Xi/o; nupüv,

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Mais surtout que! charmant début que celui de la chanson pour l’hirondelle ! « "HW r,/0i ysXiôûv, xaXà; üpa; Æyou Ta xal xaiovç evcavTois • x. t. i. » C’est avec un sentiment bien poétique que Linné, en commençant sa description de l'hirondelle, imite ainsi cette chanson : « Venit, venit liirundo, pulchra adducens teuipora et pulchros annos. » Mais comment André eùt-il rendu l’harmonieuse rapidité de l’iîM’ r,XQ i yiXi- Scix’t Le grec a des ailes.

IX. Le treizième volume de l'Histoire de la Chine avait paru en 1785. Le passage que remarque Chénier se trouve dans le Chi-King, part. Il, chap. I, ode iv. En 1830, il parut une traduction latine de tout ce qui reste du Chi-King. Voici le passage de l’ode iv qui n'est pas tout à fait semblable à la traduction française ; « Si celebrandum funus agatur, tune maxime apparct fiaternus amor. Si (post prœlium commissum) accrvatim et promiscue jaceant (eadavera) in locis sivc præruptis sive depressis, tune fraler hue ccrte properat (fratris sui cadaver) quæsiturus. b

X. La petite chanson qu’André avait lue dans le treizième volume de l' Histoire générale (le la Chine n’est pas une ode du Chi-King; elle se trouvait rapportée dans le Tong-tchi (Histoire pénétrante), qui était la réduction en un seul corps de toute l'histoire chinoise. Cf. Fortia d’L’rban, Hist. antédiluvienne de la Chine, II, p. 147-148 et 502

les Grecs appellent scoubs : * Quand, le soleil commence sa course, je me mets au travail; et quand il descend sous l'horizon, je me laisse tomber dans les bras du sommeil. Je bois l'eau de mon puits, je me nourris des fruits de mon champ. Qu’ ai-je à yajncr ou à perdre à la puissance de l’empereur ? »

XI. — Est-ce un emprunt, est-ce une idée originale que ces lignes riantes que je trouve parmi les autres, et sans plus d’indication : « 0 ver luisant lumineux,... petite étoile terrestre,... ne te retire point encore... prête-moi la clarté de ta lampe pour aller trouver ma mie qui m'attend dans le bois ! »

XII. — Pindare, cité par Plutarque au Traité de l’adresse et de l'instinct des animaux, s’est comparé aux dauphins, qui sont sensibles à la musique ; André voulait encadrer l’image ainsi : « On peut faire un petit quadro d’un jeune enfant assis sur le bord de la mer, sous un joli paysage. Il jouera sur deux Aûtes :

Deux liâtes sur sa bouche, aux autres, aux Naïades,

Aux Faunes, aux Sylvains, aux belles Oréades,

Répètent des amours

Et les dauphins accourent vers lui. »

Mémoires concernant les Chinois, XIII, p. 268 ; Histoire générale, de Mailla, préface, p. xli.

XI. Cette petite pièce a pu lui être inspirée par la XVI* idylle de Bion, qu’il a traduite; peut-être lui a-t-elle été fournie par Gessner, la Huit. Dans ce petit poème allemand, l’amant, apercevant des feux follets s'écrie : a Oui, vous êtes des divinités bienfaisantes, qui daignez apparaître la nuit pour conduire l’amant égaré auprès de son amante qui l'attend avec impatience... » Les feux follets disparaissent, et l’amantpoëte poursuit ; « Je ne vois plus de feux dans la contrée ténébreuse : je n’y aperçois plus qu’un petit vermisseau, qui, semblable à une petite lampe, brille suspendu à la tige d’une plante... » Ici l’idée, qui n’est pas venue au poète de Zurich, d’invoquer le secours de l’insecte lumineux, a dû se présenter naturellement à l’esprit d’André, et il y aurait là, à bien examiner, comme une critique de Gessner, qui, au lieu de terminer par cette invocation toute poétique, se lance dans une dissertation mythologique sur la lumière du ver luisant.

XII. Voy. les vers de Pindare ci-dessous, XIII. — [André dans ces notes emploie, à diverses reprises, cette expression : j’en pourrai faire

XIII. — En attendant, il avait traduit, ou plutôt développé les vers de Pindare :

Comme aux jours de l'été, quand d’un ciel calme et pur Sur la vague aplanie étincelle l’azur,

Le dauplun sur les flots sort et bondit et nage,

S’empressant d’accourir vers l’aimable rivage

Où, sous des doigts légers, une flûte aux doux sons 6

Vient égayer les mers de ses vives chansons ;

Ainsi

XIV. — Ailleurs ce n’est plus le gracieux enfant, c’est Andromède exposée au bord des flots, qui appelle la muse d’André : il

un qcauro ; cela parait vouloir dire un petit tableau peint ; car il était peintre aussi, comme il nous l'a appris dans une élégie :

Tantôt de mon pinceau les timides essais Avec d’autres couleurs cherchent d'autres succès.

Peut-être aussi le poète n'emploic-t-il, en certains cas, cette expression de qiiadro que métaphoriquement et par allusion à son petit cadre poétique. Sainte-Beuve.] Les deux flûtes, qu’on plaçait en même temps dans la bouche, s’appelaient tibiœ pares ou tibiœ impayés, scion qu'elles étaient ou non dans le même ton.

XIII. Pindare, éd. Heyne ', Frag. XLIX, et Plutarque, de Solcrt. an im., XXXVI (cf. Quœst. conv., VII, v, 2) : AaÀyîvi litvca^o; ànttxotÇuv

txUTÔy if, eSt'Çüjüai, yrçaiv,

’KXioo StXtpTvo 5 V TlOSplIlV, tov /as» àxO/AOvoi èv ttovtoo trsïi yei aù/üy i/.ivrjitv î/»TÔv /siXof.

Cf. Oppien, Pèche, V, 455 ; Apollonius, Arg., I, 572; Stace, Silv., II, n, 119, etc. L’amour du dauphin pour la musique est connu, témoin la fable d'Arion ; ce qui ne l'est pas moins, c'est son affection pour l'homme, « Pline le dit, il faut l’en croire. »

V. 2. « Vague aplanie ; » c’est l’expression latine « stratum sequor. » Vov. Virgile, Égl., IX, 57.

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