XIV. Manilius, Astr., V
Supplicia ipsa decent. Nivea cervice reclinis Molhler ipsa, suæ custos est ipsa ligune.
^efluxere sinus humeris, fugitque lacertos Yestis, et effusi scapulis Inséré capilli.
' C’est probablement i'éditiou dont se servait André; voy. OEunres en prose, lettre V, p. 202.
cite et transcrit les admirables vers de Manilius à ce sujet, au V* livre des Astronomiques ; ce supplice d’où la grâce et la pudeur n’ont pas disparu, ce charmant visage confus, allant chercher une blanche épaule qui le dérobe. André remarque que « c’est en racontant l’histoire d'Andromède à la troisième personne que le poète lui adresse brusquement ces vers : Te circum, etc., sans la nommer en aucune façon. C’est tout cela (ajoute-t-il) qu’il faut imiter. Le traducteur met les alcyons volants autour de vous, infortunée princesse. Cela ôte de la grâce. »
XV. — Il disait encore dans ce même exquis sentiment de la diction poétique : « La huitième épigramme de Théocrite est belle (Épitaphe de Cléonice); elle finit ainsi : Malheureux Cléonice, sous le propre coucher des Pléiades, cum Pleiadibus, occidisti. 11 faut traduire et rendre l’opposition de paroles... la mer t’a reçu avec elles (les Pléiades). »
XVI. — « La jeune fille qu’on appelait la belle de Scio... son amant mourut... elle devint folle... elle courait les montagnes (la peindre d’une manière antique). — (J’en pourrai, un jour, faire un tableau, un quadro)... et, longtemps après elle, on chantait cette chanson faite par elle dans sa folie :
Te circum Alcvones pennis planxere volantes,
Fleveruntque ttios miserando carminé casus,
Et tibi contesta-, umkram fecere per alas; etc.
Le traducteur qu’André reprend, c’est Pingré, dont le Manilius parut en 1786. l-a réflexion d’André est précieuse, en y regardant bien; car la critique, par delà le dix-huitième siècle, atteint un peu le dix-septième.